Le salon Millésime Bio, plus grand salon au monde pour les vins et alcools bio, s'est tenu du 27 au 29 janvier à Montpellier dans un contexte compliqué : baisse de la consommation de vin, tensions sur le pouvoir d'achat, incertitudes géopolitiques... Pour les vignerons qui pratiquent la viticulture bio, le climat est loin d'être à l'euphorie comme il l'a été pendant une vingtaine d'années jusqu'en 2020. La dynamique des conversions au cours des cinq dernières années a conduit à une forte augmentation des volumes de production.
«En Occitanie, les volumes de vin bio ont doublé en cinq ans, alors que la consommation, même si elle continue à progresser, n'a pas connu un tel essor», souligne Nicolas Richarme, président de Sudvinbio, l'association interprofessionnelle des vins bio d'Occitanie.
Vigneronne dans l'Aude, Martine Pagès, qui exploite avec son frère un vignoble familial de 40 hectares, témoigne des difficultés de la filière : « Nos ventes étaient encore en progression en 2023, mais en 2024, nous sommes en recul de 15%. Avec les élections, les ventes en mai et juin, ont été catastrophiques. Et le marché du vrac, où nous écoulions une partie de notre récolte, s'est effondré. Désormais, nous produisons uniquement ce que nous sommes capables de vendre en bouteille et nous vendons le reste en raisins, marché pour lequel il y a encore de la demande ».