Les vins de Bretagne en quête d’une IGP bio d'ici cinq ans
Pascale Paoli Lebailly
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Le jeune domaine Les Vignes de la Ria en Morbihan fait partie des 43 vignobles plantés en Bretagne. L'an passé leur production, fragilisée par les conditions climatiques, a atteint un volume de 40.000 bouteilles.
Forte d’une quarantaine de domaines et d’une production de 40.000 bouteilles en 2024, la jeune filière viticole bretonne vient d’engager les démarches pour faire reconnaître son terroir par l’obtention d’une Indication Géographique Protégée bio des Vins de Bretagne.
Nouvel entrant mais pas néophyte, il fait partie des récents vignerons bretons. Après treize années passées en Champagne, Romain Le Guillou, ancien directeur du vignoble et des approvisionnements de la marque Veuve Cliquot, a co-fondé, il y a un an, Les Vignes de la Ria. Créé au cœur de la rivière d'Etel près de Belz (Morbihan), ce domaine viticole a planté ses 3,5 premiers hectares de vignes (dix à terme), soit 17.000 plants de Chardonnay, Chenin et pinot Noir. Une première cuvée de 60.000 bouteilles labellisées bio est attendue pour 2027.
S'il veille au grain sur son domaine, ce brestois d'origine porte aussi un autre projet d'envergure en tant que président de la nouvelle Association pour la valorisation des vins de Bretagne (AVVB). Créée l'an passé par des vignerons nouvellement installés, cette structure est soutenue par l'Association des vignerons bretons (AVB) qui, depuis 2021, défend une viticulture fondée sur l'agriculture biologique et locale.
Elle a lancé en fin d'année dernière un projet d'Indication géographique protégée (IGP) bio des vins de Bretagne. Alors que les 40.000 bouteilles produites en 2024 sont commercialisées sous l'appellation Vin de France, l'AVVB espère faire reconnaître sous cinq ans le terroir breton.
800.000 bouteilles en 2030
« C'est une étape cruciale vers la création d'une filière du vin breton 100% bio, capable de fédérer l'ensemble d'un écosystème », s'enthousiasme Romain Le Guillou qui apprécie l'idée de partir d'une feuille blanche et du côté pionnier de la démarche.
« Depuis la libéralisation des droits de plantation en Europe, actée en 2016, mais aussi l'évolution du climat, la viticulture a repris avec dynamisme dans les quatre départements bretons. On y cultive à 70% des vignes pour du vin blanc car les cépages de chardonnay ou de chenin, sont plus adaptés aux conditions climatiques et géologiques (terroirs schisteux ou granitiques)de la région. Pour le vin rouge, du pinot noir et du gamay ont aussi été plantés », explique-t-il.
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