Le cloud : révolution obligatoire pour toutes les entreprises ?

Sophie Arutunian

Sophie Arutunian
La définition du cloud est un exercice périlleux tant les offres et les acteurs du secteur sont nombreux. Tony Marchand, directeur du cluster numérique de Midi-Pyrénées Digital Place, a résumé les choses ainsi ce matin lors du débat Le cloud, quels enjeux et opportunités pour les entreprises :
"Il faut faire le deuil de la propriété de ses serveurs", affirme Christophe Guillot, directeur adjoint des systèmes d'information des Laboratoires Pierre Fabre (dont la totalité des hébergeurs sont à l'extérieur de l'entreprise). "L'outsourcing, c'est déléguer un métier qui n'est pas le nôtre. Nous payons pour des compétences que nous n'avons pas en interne." Pour autant, la confiance règne à 99 % seulement : "On ne mettra jamais dans ces serveurs nos formules médicales, il ne faut pas rêver !" sourit-il.
Pour Hubert Gaudré, directeur du département cloud et services de CIS Valley (entreprise bordelaise qui propose des solutions cloud), les entreprises ont plusieurs raisons de se mettre au cloud :
"La disponibilité des données, la flexibilité du système, des professionnels du secteur a disposition, et aussi la possibilité de récupérer les données en cas de panne, par exemple."
En effet, une des garanties de la confiance que peut accorder une entreprise à son hébergeur est la "réversibilité" des données. Un critère primordial pris en compte dans le label cloud, lancé par Digital Place l'année dernière afin de sécuriser le secteur (et désormais porté par France IT). Pour Tony Marchand :
Une opinion partagée par Christophe Guillot : "Quand on choisit un hébergeur, il faut demander un test de réversibilité. C'est important, et on se rend compte que peu d'hébergeurs le font."
--> Hubert Gaudré, entouré de Tony Marchand et Nicolas Bach
Hervé Girardi est le directeur général de Promologis, société d'immobilier qui a décidé de passer au cloud en 2013.
Un faux argument selon Christophe Guillot (laboratoire Pierre Fabre) : "La localisation de la donnée n'a rien à voir avec qui peut y accéder, que ce soit aux États-Unis ou ailleurs. IBM héberge bien ses données à Montpellier sous le droit américain."
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Et le projet de loi Renseignement voté le 5 mai par l'Assemblée nationale ne semble pas améliorer les choses :
À ce sujet, Tony marchand se veut plus rassurant : "À partir du moment où il y a une législation, il y a un contrôle", pense-t-il. Pour le spécialiste Hubert Gaudré : "Cette loi vise à protéger les citoyens, et pour cela je n'y vois pas d'inconvénient. Mais il ne faut pas de déviance. L'objectif de sécurité ne doit pas devenir un objectif de renseignement destiné à de l'espionnage économique."
Toutes les entreprises et organisations sont-elles amenées à passer au cloud à plus ou moins courte échéance ? "Je ne demande que ça !" lance Nicolas Bach, directeur des systèmes d'information de la Ville de Toulouse.
Pour les TPE / PME en revanche, il semblerait qu'il n'y ait plus beaucoup de choix : "il y a une évangélisation à faire, mais il faut savoir que nos métiers nous ferons faire cette évolution de force", note Christophe Guillot.
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"Après un an et demi de pratique, nos équipes ont progressé et l'externalisation sur un hébergeur nous permet de nous concentrer sur notre cœur de métier, et donc d'être plus performant", témoigne Hervé Girardi (Promologis).
La conclusion revient à Hubert Gaudré, de CIS Valley :
Sophie Arutunian