Pourquoi le groupe tarnais Agri investit massivement dans l'économie circulaire

Alexandre Léoty
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La plateforme de valorisation de matières végétales, composée d'une unité de méthanisation en voie sèche discontinue et d'une usine de biomasse, vient d'être inaugurée à Montans, dans le Tarn. Sa réalisation aura nécessité trois ans de recherche et plus d'un an de travaux. Le fruit d'un investissement de 7 millions d'euros.
Ce pari un peu fou, c'est celui du groupe Agri, historiquement spécialisé dans les chantiers forestiers (via la société Agri 2000) et les travaux publics (à travers Agri Environnement). Le groupe tarnais négocie en effet aujourd'hui avec ce nouvel équipement installé sur trois hectares le virage des énergies renouvelables, dans une optique inédite d'économie circulaire.
Agri utilise désormais sa nouvelle unité de méthanisation pour transformer ses résidus de culture - plus de 10 000 tonnes par an - en biogaz. Une transformation qui s'opère par dégradation dans quatre digesteurs, au sein desquels la matière organique est stockée. Après 28 jours de séjour dans les digesteurs, le biogaz extrait est constitué à 55 % de méthane et à 45 % de dioxyde de carbone. Il transite alors par un moteur de cogénération, "dont la puissance de 550 kilowatts est unique en France pour une unité de méthanisation en voie sèche agricole", assure le groupe. L'électricité produite est redistribuée directement sur le réseau électrique public. Elle représente la consommation moyenne de 1 500 foyers. Et la matière organique restante après dégradation, appelée "digestat", est utilisée comme engrais naturel.
Quant à la chaleur dégagée, elle est utilisée pour alimenter l'usine de biomasse du groupe Agri, implantée sur le même site.
La boucle est ainsi bouclée. Les sous-produits forestiers mis en œuvre - 12 000 tonnes par an - sont transformés en plaquettes forestières utilisées dans les réseaux de chaleur, mais aussi en bûchettes écologiques à haut rendement énergétique, baptisées "Mademoiselle Bûche" et commercialisées en ligne. Quatre millions de bûchettes peuvent ainsi sortir chaque année de l'usine de biomasse. Leurs atouts ? "Elles sont trois fois plus calorifiques et prennent quatre fois moins de place que les bûches traditionnelles", assure Nicolas Dubousquet.
Alexandre Léoty