Aéroport de Toulouse : dans les coulisses du conseil de surveillance

Sophie Arutunian
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Le communiqué de presse de l'Aéroport Toulouse-Blagnac en date du 29 juin 2017 est clair :
"L'activité de l'année 2016 était présentée le mercredi 28 juin aux actionnaires d'Aéroport Toulouse-Blagnac. Le trafic en hausse a porté la bonne santé financière de l'entreprise, et l'assemblée a voté la distribution de la totalité du bénéfice 2016 (7,85 M€, selon les normes internationales IFRS) aux différents actionnaires".
Contacté pour avoir davantage d'informations, le service presse de l'aéroport assure qu'"aucun commentaire supplémentaire ne sera fait". Et pourtant : dans la somme annoncée de 7,85 M€, il n'y a pas uniquement les bénéfices de l'année 2016. Il y a aussi 1,5 M€ qui proviennent des réserves financières de l'aéroport, mais qui, par une mécanique financière complexe, se retrouvent dans la somme totale versée aux actionnaires. Si l'ensemble des actionnaires a voté à l'unanimité la redistribution des bénéfices, ce n'est pas le cas pour les réserves. Les actionnaires locaux (CCI, Région, Département et Métropole) ont voté contre.
"Nous avons toujours dit qu'il ne fallait pas piocher dans les réserves d'ATB, qui sont destinées à l'autofinancement", explique Bernard Keller, vice-président de Toulouse Métropole en charge de l'aéronautique et maire de Blagnac.
"Nous avons accepté que 100 % des bénéfices soient reversés aux actionnaires (contre 50% auparavant) car Casil Europe l'a demandé et que les finances sont bonnes. Mais nous avons toujours été opposés à ce que les actionnaires se servent dans les réserves", ajoute Pascal Bourreau, conseiller départemental présent au Conseil de surveillance.
Seulement voilà, Casil Europe (actionnaire à 50,1 %), soutenu par le vote de l'État (actionnaire à 10,01%) a eu gain de cause.
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Pourquoi l'État a-t-il voté en faveur de cette décision ? Interrogée, la Préfecture renvoie vers l'Agence des participations de l'État, organe qui incarne l'État actionnaire. "Pas de commentaires à faire", répond-t-on de ce côté là. Faut-il y voir le signe d'un accord entre l'État et l'actionnaire chinois ? Pour Pascal Bourreau, c'est une ancienne crainte qui revient :
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Sophie Arutunian