Comme de très nombreuses entreprises françaises, les aéroports du pays ont été secoués par la crise sanitaire de la Covid-19. "En 2019, nous faisions plus de 160 millions d'euros de chiffre d'affaires, contre 84 en 2020 puis 90 en 2021", expose Philippe Crébassa, le président du directoire de l'Aéroport Toulouse-Blagnac (ATB). Parallèlement, le résultat opérationnel courant d'ATB était en déficit de 11 millions d'euros fin 2022, contre "seulement" 1,6 million fin 2021. Conséquence, aujourd'hui, la société exploitante de l'infrastructure aéroportuaire demande réparation auprès de l'État.
"Pour soutenir les aéroports, l'État a instauré une fausse mesure, qui est une avance remboursable de la taxe aéroportuaire. Les aéroports français devront rembourser, par une surtaxe entre 2024 et 2030, 750 millions d'euros. Cela posera à terme un problème de compétitivité de nos aéroports par rapport à d'autres plateformes européennes. Alors que dans d'autres pays, comme la Pologne, l'Allemagne, l'Italie ou encore le Royaume-Uni, ces États ont obtenu le feu vert de la Commission européenne pour aider financièrement leurs aéroports sous forme de subventions ou d'allongement du contrat de concession. Clairement, les aéroports ne font pas partie des entreprises les plus aidées par le gouvernement français", peste Philippe Crébassa.
Face aux pertes engagées, ATB semble avoir été entendue et mène, avec le soutien de ses actionnaires (Eiffage, la CCI Toulouse-Haute-Garonne et trois collectivités locales), des discussions avec l'État (qui détient lui aussi une part minoritaire du capital d'ATB). Comme d'autres aéroports régionaux.