Entreprise familiale centenaire qui a inventé les premiers tubes fluorescents notamment pour les avions de Dassault, Sela est devenue depuis le leader européen de l'éclairage des hélicoptères grâce à Airbus. Mais avec le choc du Covid, le groupe pyrénéen ne veut plus tout miser sur l'aéronautique et cherche à se diversifier dans le nautisme et notamment le marché très select des yachts privés.On le sait peu mais le premier tube fluorescent au monde a été inventé en 1938 depuis les laboratoires de recherche Abadie. Très vite après la Seconde guerre mondiale, l'entreprise familiale implantée à Vic-en-Bigorre au coeur des Pyrénées met son savoir-faire au service du secteur aéronautique. Sela a vu son activité décoller en équipant les avions d'affaires de Dassault.
« À l'époque dans les avions de Dassault, le cockpit était éclairé avec des procédés phosphorescents, notamment en navigation de nuit. C'était très embêtant puisqu'il y avait des problèmes de lecture, et cetera. Et donc Dassault a décidé d'équiper ses appareils du procédé développé par Sela, le tube fluorescent qui amène plus d'homogénéité au niveau de la lumière et beaucoup plus de brillance de façon à améliorer la lecture de nuit », retrace Pascal Andriot, directeur général de la société.
Des équipements pour Airbus, Boeing et Bombardier
C'est aussi pour suivre l'activité américaine de Dassault que Sela crée en 1987 une filiale en Floride, The Bigorre Aerospace Company. Sur le continent américain, l'entreprise bigourdane fournit des systèmes d'éclairage pour les Boeing Business Jet, des avions de ligne comme le Boeing 737 qui sont réaménagés pour un acheteur privé. Sela fournit également des lampes de courtoisie pour le Canadien Bombardier. La société est aussi devenue le leader européen de l'éclairage des hélicoptères en équipant tous les appareils d'Airbus Helicopters.
Après le choc de Covid durant lequel le chiffre d'affaires de l'entreprise chute de 5,5 à moins de 3 millions d'euros, Sela ne veut plus tout miser sur l'aéronautique et cherche à se diversifier. « Aujourd'hui, l'activité aéronautique repart très bien et nous pourrions nous en satisfaire mais nous avons la volonté de faire croître le chiffre d'affaires pour s'adresser à de nouveaux marchés. L'idée est que l'aéronautique qui pèse 95% de notre activité actuellement passe à 75% dans deux ans et que le reste soit généré par le nautisme », détaille le dirigeant.