« L'aventure Railcoop va s'arrêter », regrette Nicolas Debaisieux, le PDG de la société coopérative qui rêvait de lancer une ligne ferroviaire de transport de voyageurs entre Bordeaux et Lyon. Pourtant, le tribunal de commerce de Cahors (Lot) ne s'est pas prononcé hier, lundi 15 avril, lors d'une audience qui met fin à la période de redressement judiciaire de la société coopérative Railcoop.
Le point de bascule qui a mis fin à cette histoire portée par 14.000 sociétaires ? Un conflit avec son prestataire ACC M, à qui Railcoop a confié le stockage et la rénovation de ses deux rames, dédiées au transport de voyageurs et acquises auprès de la région Auvergne-Rhône-Alpes.
« Nous avions une divergence sur le contrat de stockage des rames et les montants réclamés par ACC M. Après plusieurs procédures pour tenter de trouver un pacte financier, sans succès, nous avons saisi le tribunal de commerce de Clermont. Or, celui-ci nous contraint de régler immédiatement 160.000 euros pour ce contrat de stockage, contre les 880.000 euros réclamés par notre prestataire. Le tribunal nous a donc donné partiellement raison mais nous allons faire appel de la décision. Sans le paiement imposé de cette somme, nous avions de quoi couvrir nos besoins de trésorerie jusqu'au début de l'année 2025 », poursuit le dirigeant.
Néanmoins, Railcoop ne veut pas remettre la faute sur son partenaire, estimant que les faiblesses de son projet ne viennent pas d'ici et qu'il s'agit là de « la goutte d'eau qui a fait déborder le vase ». Seulement, les deux rames dont est propriétaire la coopérative sont toujours stockées chez son partenaire alors qu'un contrat de vente avait été signé pour la cession des équipements à une entité dont le nom n'a pas filtré. Le futur liquidateur aura désormais à sa charge la vente de tous les actifs de la coopérative, dont ses rames, des certificats de sécurité et des études de marché.