Alors que le volet logement du Conseil national de la refondation n’a pas délivré les mesures attendues par le secteur, notamment de la promotion immobilière, l’heure de la réinvention a sonné pour le marché de l’immobilier neuf. En Languedoc-Roussillon comme dans toutes les régions, l’effondrement des chiffres est sans appel et impose aux professionnels de repenser leurs modèles. Analyse et perspectives en trois points avec le cabinet Adéquation, expert des marchés immobiliers résidentiels.Si le secteur avait entamé sa mue, la situation de crise accélère l'adaptation à laquelle la promotion immobilière est confrontée. Alors que les mesures dévoilées le 5 juin par le gouvernement sur le volet logement du Conseil national de la refondation ont déçu et inquiètent le secteur de la promotion immobilière, les chiffres du premier trimestre 2023 viennent confirmer une situation critique.
Côté opérateurs, les professionnels doivent absorber les coûts de production des logements et la résistance à la baisse des prix fonciers, alors que le ZAN qui se profile promet de rendre la production de logements plus difficile encore et que les logements ne se vendent plus. En face, chez les acquéreurs, hausse des prix, hausse des taux d'intérêt et difficulté d'accès aux crédits grippent les capacités d'achat.
- Des chiffres qui dégringolent
Des chiffres qui dégringolent
Sur le territoire du Languedoc-Roussillon, en Occitanie-est, les tendances chiffrées du premier trimestre sont sans surprise : elles s'inscrivent dans la tendance nationale, c'est à dire à la baisse. La demande reste pourtant forte mais se heurte à une réalité : la hausse des taux d'intérêt qui réduit les capacités d'emprunt des ménages et freinent les acquisitions.
En ce début d'année 2023, la crise de la demande vient ainsi percuter la crise de l'offre, avec des conséquences qui se lisent immédiatement dans les bilans : alors que les ventes avaient déjà marqué le pas en 2022 (-13% à l'échelle du Languedoc-Roussillon en 2022 vs 2021), elles se sont effondrées de -45% et les mises en vente de -60% par rapport au premier trimestre 2022.