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Cameroun : 86 millions de dollars investis dans une nouvelle usine de transformation de cacao

Photo de Ristel Tchounand

Ristel Tchounand

Publié le 02 mai 2019 à 07:50 - Mis à jour le 12 décembre 2024 à 23:40

usine cacao

usine cacao

DR

Le Quotidien Numérique

05 juin 2026

Photo d'illustration de l'article
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L’inauguration au Cameroun d’une usine de transformation de cacao donne un nouvel élan à l'industrialisation du pays. Visant le marché mondial, la nouvelle unité a une capacité de 32 000 tonnes de fèves de cacao transformées et 25 600 tonnes de produits semi-finis par an et permettra la création de 800 emplois directs et 1700 indirects, le tout pour un financement de 50 milliards de Fcfa, soit environ 85,5 millions de dollars.

«Le Cameroun jusqu'aujourd'hui est un convoyeur de matières premières vers l'Occident. Or, la transformation de cacao en produits semi-finis permettra d'obtenir quasiment le double des devises. C'est-à-dire que lorsqu'on vendra des produits transformés à partir d'une tonne de fèves de cacao, on obtiendra le double en termes de recettes», se réjouit, dans un entretien avec La Tribune Afrique- Serge Noutcha, site manager du projet Neo Industry SA, l'entreprise qui gère la nouvelle usine de transformation de cacao au Cameroun.

Installée sur une surface de 5 hectares à Kekem, dans l'ouest du pays, l'unité a été inaugurée en grande pompe vendredi 26 avril, en présence du Premier ministre, Joseph Dion Ngute et de plusieurs membres du gouvernement et hommes d'affaires venus notamment de la sous-région d'Afrique centrale.

32 000 tonnes de fèves de cacao transformées

D'une capacité de transformation de 32 000 tonnes de fèves de cacao et 25 600 tonnes de produits semi-finis dont le beurre de cacao, la masse de cacao, le tourteau de cacao et la poudre de cacao, le projet est en fait un complexe industriel décliné en plusieurs phases. Abritant des logements pour le personnel de Neo Industry SA, le projet devrait également accueillir prochainement une usine d'emballage.

D'un coût global de 50 milliards de Fcfa -soit environ 85,5 millions de dollars, le projet en a déjà absorbé 36 milliards -soit environ 61,5 millions de dollars- supportés notamment par la Société commerciale de Banque (SCB Cameroun), filiale du groupe bancaire marocain Attijariwafa Bank, le géant camerounais Afriland First Bank, avec la participation de l'assureur français AGF, filiale d'Allianz. Un financement qui a notamment permis d'équiper l'usine en matériel de dernière génération, d'alimenter le site en fibre optique et d'indemniser les populations, selon les promoteurs.

Derrière ce projet, Emmanuel Neossi, 46 ans, un entrepreneur camerounais évoluant dans la filière cacaoyère depuis plusieurs décennies et poussé par le désir de «réaliser un rêve d'enfant». Il a en partie auto-financé la construction de l'usine.

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«Cet investissement est l'illustration d'une volonté de promouvoir l'industrialisation de notre pays, mais par-dessus tout le label "Made in Cameroun" dans tous les sens du terme», a-t-il déclaré lors de la cérémonie d'inauguration, insistant sur le fait que l'unité répond aux normes internationales.

Avec plus de 230 000 tonnes par an, le Cameroun est le troisième producteur de cacao en Afrique, derrière la Côte d'Ivoire et le Ghana et cinquième mondial. Cependant, seulement 25% de la production était jusque-là transformée localement. C'est dire l'impact que pourrait avoir l'usine de Kekem. D'ailleurs, outre cet aspect, le projet a généré dans sa phase de réalisation près de 1 700 emplois directs et près de 2 700 emplois indirects. Pendant la phase d'exploitation, il générera près de 800 emplois directs et près de 1 700 emplois indirects. «Le projet va permettre également à beaucoup de jeunes camerounais sortis d'école de pouvoir se frotter aux métiers de l'industrie du cacao», se réjouit Serge Noutcha.

«Un joyau de l'industrie de l'Afrique centrale»

Un aspect qui réjouit également le gouvernement camerounais qui a, quant à lui, soutenu ce projet par un apport financier de 1,2 milliard de Fcfa dans le cadre du «Programme Agropoles». Pour Gabriel Mbairobe, ministre de l'Agriculture et du développement rural, l'usine de Kekem représente «un joyau de l'industrie camerounaise et de l'Afrique centrale». «Cette industrie a une importance capitale parce que le cacao est la principale culture de rente de notre économie», a-t-il ajouté.

Première unité du genre dans toute la sous-région centre-africaine, «je crois que ce type de projets devrait encourager toute l'Afrique centrale. Nous allons travailler tous ensemble pour cela aille de l'avant», a déclaré Hermes Ela Mifumu, PCA Ecobank Guinée équatoriale, qui a participé à la cérémonie d'inauguration de l'usine en tant qu'envoyé spécial du vice-président de la Guinée équatoriale.

De nombreux défis à relever

Cependant, la réalisation de l'usine de Kekem -dont la pose de la première pierre était en juin 2016- s'est heurtée à de nombreux défis, selon les confidences du site manager, notamment en termes d'utilisation de matériaux locaux, de qualification de la main-d'œuvre locale -les populations en zone rurale portées vers les métiers agricoles- mais aussi et surtout des défis liés à l'énergie et la disponibilité d'entreprises compétentes pour exécuter le projet.

«Les usines de cacao n'ayant pas pignon sur rue au Cameroun, il nous fallait des entreprises qui puissent faire le travail suivant les règles de l'art et dans un temps imparti, car l'équipementier nous imposait des délais assez rigoureux pour permettre que les machines soient posées à temps et ainsi que l'usine démarre à temps. En matière d'énergie, il fallait s'assurer d'avoir suffisamment d'énergie pour faire fonctionner l'usine. Cela n'a pas été facile. Cette étape a sûrement constitué l'un des plus gros coûts»,nous explique Serge Noutcha.

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Désormais, l'usine Neo Industry SA qui a vocation à desservir le marché mondial, mettra progressivement ses produits sur le marché, avec en priorité la masse de cacao, l'ingrédient principal utilisé dans la fabrication du chocolat. Derrière son activité, Neo Industry SA voit déjà «un petit boom économique», dans la mesure où «la chaîne qui va être dressée autour du projet impactera positivement les domaines des emballages, du transport, de la logistique, des intrants».

Ristel Tchounand

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