Afin de soutenir la production de toutes les briques technologiques essentielles à la construction d'une filière de l'hydrogène, l'Etat français mettra 2,1 milliards d'euros sur la table (entraînant 3,2 milliards d'euros d'investissements privés additionnels) pour financer les dix gigafactories dédiées à l'hydrogène bas carbone qui vont s'implanter en France. C'est ce qu'a annoncé la Première ministre Elisabeth Borne le 28 septembre, depuis le site de l'équipementier Plastic Omnium, dans l'Oise.
Ces dix sites, sélectionnés dans le cadre d'un PIIEC (Projet important d'intérêt européen commun), sont répartis dans sept régions, dont deux en Occitanie : Alstom à Toulouse et Genvia à Béziers. Née d'un partenariat public-privé (Cameron-Schlumberger, le CEA Grenoble, Vinci Construction, Vicat et la Région Occitanie via l'AREC Occitanie), Genvia porte l'industrialisation à grande échelle de la technologie innovante d'électrolyseurs permettant la production massive et à des coûts compétitifs d'hydrogène vert décarboné, une technologie de rupture initialement développée par le CEA Grenoble.
Florence Lambert, la présidente de Genvia, était aux côtés de la Première ministre mercredi... Une nouvelle pierre apportée à l'édifice industriel biterrois en devenir. Car c'est depuis le site industriel historique de l'entreprise biterroise Cameron, spécialisé dans les équipements pour les filières gazière et pétrolière et rachetée par le groupe Schlumberger en 2015, que se déploie progressivement la future gigafactory Genvia.
«Dans un contexte de crise énergétique sans précédent, l'idée est de faire coïncider cette urgence avec l'opportunité industrielle que représente Genvia en termes de souveraineté énergétique et industrielle,souligne Florence Lambert. L'hydrogène est une clé de voute et ce sera probablement le seul outil de décarbonation de nos industries. L'alignement des acteurs fera la différence et peut permettre de dérisquer une industrie stratégique qui va prendre du temps. D'où la création du comité EDEN pour synchroniser et adresser des sujets comme le foncier, les compétences, les infrastructures, l'innovation et l'attractivité. »