Energie : l'Afrique en panne d'électricité
Aboubacar Yacouba Barma
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Délestages en série même dans la plupart des grandes villes et pénombre dans les zones rurales... En matière d'accès à l'électricité, il n y a pas que les statistiques pour témoigner de la précarité énergétique dans laquelle végète l'Afrique, surtout subsaharienne. La population et les acteurs économiques vivent au quotidien cette situation qui fait régulièrement la Une de l'actualité. En se référant aux chiffres, la situation apparaît presque effarante, puisqu'ils sont estimés à 620 millions sur les un milliard et quelques personnes que compte le continent, à n'avoir pas encore accès aux réseaux électriques.
De manière générale, les taux d'électrification moyens des pays subsahariens ne dépassent guère les 20%, même si la situation diffère d'une région à une autre, avec des pays d'Afrique du Nord et surtout l'Afrique du Sud dont les taux peuvent parfois dépasser les 90%. Des exceptions qui n'occultent pas le fait qu'en Afrique, la consommation d'électricité par habitant s'établit en moyenne à 181 kWh, contre 13.000 kWh aux États-Unis d'Amérique et 6.500 kWh en Europe.
En fait, la croissance soutenue enregistrée par le continent les deux dernières décennies n'a pas permis à l'Afrique subsaharienne de combler son déficit en électricité, en dépit des efforts consentis. Le fait est que non seulement le continent accusait déjà un sérieux retard en matière d'infrastructures énergétiques, mais la dynamique de croissance enregistrée, ainsi que celle assez explosive de sa démographie ont accentué la demande et de ce fait la pression sur la capacité de production. Du coup, l'Afrique va devoir faire face à un double challenge : combler le déficit déjà accusé et répondre à une demande de plus en plus importante.
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Cette crise énergétique a un coût socioéconomique et humain qui n'est pas suffisamment reconnu. L'African Progress Panel (APP), qui s'attelle à mobiliser les décideurs africains et les partenaires internationaux en faveur de l'accès à l'énergie en Afrique, estime que les problèmes du secteur et les pénuries d'électricité coûtent à la région 2% à 4% de son PIB chaque année et compromettent la création d'emplois et les investissements. Au Ghana et en Tanzanie, cite un de ses rapports en exemple, les entreprises perdent 15% de la valeur de leurs ventes à cause des pannes d'électricité. La BAD dispose de données encore plus spécifiques et qui donnent un autre angle de vue des conséquences des délestages et des coupures, lesquels «réduisent la production et ralentissent la croissance».
Aboubacar Yacouba Barma