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Santé: l’enseignement privé au service de l’excellence médicale tunisienne

Marie-France Réveillard, envoyée spéciale à Tunis

Publié le 02 janvier 2023 à 12:10 - Mis à jour le 01 octobre 2025 à 06:59

cole centrale supérieure privée des sciences paramédicales et de la santé de Tunis

Photo d'illustration

Université centrale

Le Quotidien Numérique

18 juillet 2026

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Les personnels soignants tunisiens ont la cote. Formés aux dernières technologies Health-Tech à grand renfort d'intelligence artificielle et entraînés sur des simulateurs-patients haute-fidélité, les étudiants tunisiens en sciences médicales et paramédicales du groupe privé Honoris United Universities sont recherchés de Berlin à Hangzhou et de Paris à Dubaï...

En cette matinée de novembre, les couloirs de l'Ecole centrale supérieure privée des sciences paramédicales et de la santé de Tunis fourmillent d'étudiants. Fondée en 2001, l'Université centrale est la plus grande université privée multidisciplinaire du pays (santé, commerce, droit, ingénierie, architecture et design, journalisme et communication, technologies de l'information et des télécommunications). Elle abrite également un centre de formation des cadres et compte plus de 5 000 étudiants provenant d'une vingtaine de pays. L'établissement abrite aussi l'impressionnant Honoris Medical Simulation Center (MSC) doté des dernières technologies en matière d'Health-Tech.

Au total, l'école de santé propose une dizaine de formations paramédicales (imagerie médicale-radiothérapie, orthophonie, allaitement, anesthésie, soins intensifs, physiothérapie, optique, obstétrique, prothèse dentaire, nutrition et instrumentation) et deux Masters, le premier en forme physique et le second en nursing adapté à la médecine chinoise, en partenariat avec la Zhejiang Chinese Medical University of Hangzhou. Ce jour-là, une délégation chinoise avait justement fait le déplacement pour échanger sur un projet de double diplomation, dans les locaux de l'établissement tunisois, propriété du groupe Honoris United Universities.

Le réseau panafricain d'universités privées, Honoris United Universities, créé en 2017 par le fonds d'investissement britannique Actis qui a investi 275 millions de dollars dans ce projet, compte aujourd'hui 71 000 étudiants sur 70 campus dans dix pays. Son réseau recouvre une quinzaine d'institutions et ses étudiants bénéficient de partenariats et de programmes d'échange avec plus de 190 universités européennes, états-uniennes et asiatiques. A date, les institutions d'Honoris dispensent plus de 420 programmes, toutes disciplines confondues.

Un laboratoire de pointe pour des formations hyperréalistes

« Bienvenue à Gattaca », l'espace médical de l'Ecole centrale de santé de Tunis abrite des mannequins animés tout droit sortis d'un film de science-fiction, qui simulent les réactions des patients. « Cela aide les étudiants à pratiquer dans des conditions optimisées. Cette pratique rejoint notre adage : " Never the first time on the patient ! " », explique Mamoun Ben Cheikh, médecin (anesthésie et soins intensifs) er facilitateur de l'Honoris Medical Simulation Center (MSC) de Tunis. Il n'existe à ce jour, que deux centres de simulation médicale accrédités par l'International Society for Simulation in Healthcare sur le continent (au Cap en Afrique du Sud et à Tunis).

Une salle de régie moderne jouxte la salle d'opération tandis que des scénarios sont proposés aux élèves qui s'exercent sur des mannequins alités, entourés par le matériel de premiers secours (défibrillateur, perfusion, etc.). Les simulateurs patients haute-fidélité d'un réalisme troublant peuvent être pilotés par ordinateur. Ils sont capables de respirer, de parler ou de répondre à des stimuli. Les pièces sont interchangeables. A l'issue des tests pratiques, les évaluations des élèves se déroulent dans des salles de débriefing modernes et aseptisées, sous une lumière bleu hôpital. « Nous mettons vraiment l'accent sur la pédagogie en Tunisie. D'ailleurs, les professeurs aussi sont évalués par les élèves », précise-t-il.

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En traversant les couloirs, le médecin s'arrête devant une nouvelle salle d'opération et se penche sur Resusci Anne (du nom de l'inconnue de la Seine qui sert de modèle aux mannequins-femmes des blocs opératoires). Son ventre se soulève doucement et le mannequin pousse de faibles gémissements.

« Le MSC accueille des publics venus de toute l'Afrique : du Bénin, mais aussi de l'Algérie, du Mali, du Burkina Faso et du Niger (...) Nous voulons former des compétences qui puissent servir aussi en Afrique subsaharienne », précise Wafa Troudi, la directrice de l'Ecole centrale de santé.

Lecturio connecte les étudiants aux experts de la médecine mondiale

Au-delà du MSC, les étudiants du groupe Honoris bénéficient désormais d'une nouvelle plateforme d'apprentissage. « La pandémie de Covid-19 a permis une accélération de l'apprentissage en ligne, avec des approches innovantes et plus proactives pour l'étudiant », explique Ilhem Mestiri, directrice générale de l'UPSAT (Faculté des sciences et santé de Sousse, Tunis et Sfax), également membre du réseau Honoris. Depuis 2008, la EdTech allemande Lecturio, a élaboré une plateforme d'apprentissage aux métiers de la santé, conçue par des partenaires prestigieux venus de la John's Hopkins University, de la Harvard University, ou de l'University Collège de Londres, notamment.

Appuyée par l'intelligence artificielle (IA), Lecturio propose une multitude de cours et près de 10 000 vidéos ainsi qu'une banque d'études de cas cliniques. Actuellement, plus d'un demi-million d'apprenants et d'éducateurs utilisent la plateforme dans 175 pays. Depuis septembre dernier, elle est à la disposition des 2 000 étudiants et des 71 enseignants de l'Ecole centrale de santé et des écoles UPSAT.

« L'avantage de cette plateforme est l'apprentissage adaptatif, basé sur l'intelligence artificielle et des algorithmes qui permettent d'identifier les points forts et les points faibles de chaque étudiant, afin de définir un programme sur-mesure avec des tests appropriés (quizz et révisions ciblées, ndlr). Nous avons constaté que l'acquisition des compétences était plus efficace et plus rapide grâce à Lecturio », indique Ilhem Mestiri.

Tunisie, le nouveauprovidermondial de compétences médicales ?

L'Ecole centrale de Santé de Tunis dispense aussi des formations obligatoires en anglais, en français et en allemand. « Les langues sont très importantes sur un CV. L'apprentissage de l'allemand ouvre à une employabilité en Allemagne », explique la directrice de l'Ecole Centrale. Leurs trois ans d'études et leur certificat linguistique niveau B2 en langue allemande, assortis d'un complément de formation permettent aux étudiants, la reconnaissance de leur diplôme en Allemagne où ils intègrent des structures sanitaires publiques ou privées.

« Les besoins en personnels sont tels en Allemagne, que la GIZ forme des promotions entières. Ils recherchent 300 000 infirmiers d'ici 2025. Cela étant, l'Allemagne n'est pas la seule destination sur laquelle notre service d'employabilité travaille », explique Wafa Troudi. « L'Arabie Saoudite, les Emirats arabes unis (EAU), mais aussi le Canada et le Royaume-Uni » sont autant de destinations courues par les étudiants tunisiens, précise-t-elle. « L'enseignement en Tunisie a beaucoup de valeur, il est reconnu par-delà les frontières », abonde Abderrazak Zouari, conseiller à la direction du groupe Université centrale.

Cette attractivité internationale pour les personnels soignants tunisiens, n'est pas sans impact au niveau national, comme l'exprimait l'Union générale tunisienne du travail qui avertissait dès 2018, que l'exil des médecins se comptait par centaines, chaque année.

L'UPSAT, nouveau catalyseur de talents

Seul face à son professeur, Salim 23 ans, venu du Niger pour suivre une formation à l'UPSAT de Tunis, est évalué dans une spacieuse salle de cours. « Je vis à Niamey et je viens d'une famille de médecins. J'ai choisi la Tunisie pour la qualité de son apprentissage et pour son environnement », confie l'étudiant.

Dans les couloirs, Ryan, un Franco-tunisien de 19 ans, échange avec la directrice de l'établissement. Il est venu suivre sa formation à l'UPSAT, car « passionné de sciences et de sport », il a opté pour le cursus en physiothérapie. « Je savais que l'enseignement était très poussé ici, donc je n'ai eu aucune difficulté à faire mon choix pour cette école », explique-t-il.

Reconnue par le ministère de l'Enseignement supérieur et de la recherche scientifique et le ministère de la Santé, l'UPSAT (la faculté privée des sciences de la santé) est la pionnière de l'enseignement universitaire paramédical en Tunisie, aux côtés de l'Université centrale. Créée en 2001, l'UPSAT qui compte quatre campus situés à Sousse, Tunis et Sfax, a rejoint le groupe Honoris en 2018.

Près de 2 000 étudiants (Bac+3 à Bac+5) y sont formés en sciences infirmières, en anesthésie-réanimation ou encore imagerie médicale. Parallèlement, des Masters en santé sont disponibles pour les kinésithérapeutes. Le réseau a déjà formé plus de 3 000 professionnels de santé depuis sa création.

« Nous avons développé un partenariat avec deux plateformes : le Wagon et Crossknowledge pour mettre en place une formation unique, le Honoris 21st Century Skills Certificate, qui permettra aux apprenants, d'acquérir des soft skills et des compétences en programmation », précise Ilhem Mestiri, pour illustrer l'hétérogénéité des savoirs dispensés à l'UPSAT.

L'antenne tunisoise a été créée en 2005, non loin du Honoris Medical Simulation Center et des grands hôpitaux de la ville avec lesquels de nombreux accords ont été conclus.
« Nos étudiants sont encadrés par des chefs de service médicaux. Nous employons des enseignants vacataires, qui sont des hospitalo-universitaires et nous avons développé des partenariats avec tous les hôpitaux tunisiens qui accueillent nos enseignements cliniques et pratiques », précise la directrice générale de l'UPSAT.

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Les formations proposées ont un coût allant jusqu'à 30 000 dinars (environ 10 000 euros pour trois ans) pour les kinésithérapeutes. « Le prix moyen d'une année de formation dans le paramédical coûte environ 8 000 dinars tunisiens par an. L'accès à l'éducation est synonyme d'ascenseur social en Tunisie, c'est un investissement que les Tunisiens sont prêts à faire », assure Amal Baccar, directrice de l'UPSAT Tunis.

Marie-France Réveillard, envoyée spéciale à Tunis

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