Tisséo : les conducteurs grévistes en marche vers le Capitole

Émilie Massemin

Émilie Massemin
Les syndicats et les grévistes de Tisséo partiront des trois dépôts de Langlade, Atlanta et Colomiers, mercredi 20 mai vers 9 h, direction le Capitole. Ils espèrent y être entendus par Jean-Luc Moudenc, maire UMP de Toulouse.
Contactée mardi 19 mai à 17 h 30, la mairie a indiqué qu'aucune rencontre n'était prévue entre le maire et les grévistes. "Jean-Luc Moudenc soutient la direction de Tisséo et la présidence de l'Épic", a-t-on précisé.
Après sept semaines de grève, en pleine période d'examens et alors que les Toulousains se sentent de plus en plus pénalisés par leurs difficultés de transport, le conflit semble complètement enlisé. Aujourd'hui, la plupart des grévistes ne font plus grève qu'une heure par jour, de 5 h 15 à 6 h 15. Mais le filtrage mis en place au départ des dépôts par les organisations syndicales, avec distribution de tracts et discussions, provoque des retards qui perturbent la circulation des bus tout au long de la matinée.
Le mouvement trouve son origine dans les négociations salariales annuelles, entamées au mois de janvier. La direction a proposé une hausse des salaires de 0,45 %, "soit 8 euros brut, 6 euros net pour 30 % d'augmentation de la mutuelle", détaille Franck Delpérier. "Nous, nous demandions 3 % de hausse des salaires, avec une marge de négociations."
"Effectivement, nous avons proposé 0,45 % d'augmentation générale des salaires, confirme Olivier Poitrenaud, directeur général de Tisséo. Mais avec les mesures d'ancienneté, qui prévoient une hausse de 0,5 % par an, l'augmentation faciale des salaires est plus proche de 1 %. Nous avons également adopté des mesures complémentaires qui touchent aux contraintes : une hausse de 10 % des primes du samedi, et une hausse de 10 % de la prime d'outillage." Par ailleurs, les salaires des non-cadres ont déjà augmenté de 19,9 % entre 2009 et 2013, pour 6,3 % d'inflation, rappelle le directeur, en mentionnant "un rapport connu des organisations syndicales".
"De toute façon, Tisséo n'aurait guère pu proposer mieux", tranche Olivier Poitrenaud.
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La grève a commencé le 30 avril, avec une interruption de deux semaines pendant les vacances de Pâques. "Au début, pratiquement 90 % des 1 400 conducteurs étaient en grève, calcule Franck Delpérier. La mobilisation est aujourd'hui moins importante, mais nous comptons toujours plus de 50 % des conducteurs en grève."
Des procédures judiciaires sont en cours. Le 27 avril, la direction du groupe a déposé plainte au tribunal de grande instance de Toulouse contre les organisations syndicales au motif que le filtrage occasionnait des perturbations importantes toute la matinée sur l'ensemble du réseau. Le 30 avril, la justice a rejeté ce référé et l'ensemble des demandes de Tisséo, et l'a condamné à rembourser 3 600 euros de frais de justice aux quatre syndicats visés. Tisséo a fait appel.
L'entreprise a en outre annoncé mardi 19 mai qu'elle déposerait "très rapidement" une nouvelle plainte au tribunal de grande instance, pour demander "réparation pour le préjudice causé par les filtrages", explique le directeur de Tisséo. Un dossier est en cours de constitution.
Quant aux organisations syndicales, elles ont porté plainte pour atteinte au droit de grève. Le procès aura lieu le 11 juin à 14 h, au tribunal de grande instance de Toulouse.
Émilie Massemin