Salaires et dialogue social : les revendications des grévistes chez Latécoère

Sophie Arutunian

Toulouse : Latécoère veut renégocier sa dette
Rémi Benoit

Sophie Arutunian

Toulouse : Latécoère veut renégocier sa dette
Rémi Benoit
"Le feu couvait depuis des années, il vient de prendre." Dans un communiqué de presse en date de ce jeudi 10 décembre, la CGT (syndicat minoritaire chez Latécoère), indique pourquoi environ 130 salariés de l'équipementier aéronautique toulousain sont en grève depuis hier. Au-delà des revendications salariales, les difficultés de l'entreprise depuis plus de 10 ans, ainsi que la récente restructuration du capital, inquiètent les salariés.
En 2015, tous les salaires ont été gelés, ce que n'accepte pas la CGT. "Ce que nous voulons, c'est la réouverture des négociations sur la base d'une augmentation générale de 50 euros", indique Richard Ferrasse.
Dans l'entourage de la direction, on justifie ce gel des salaires par les difficultés de l'entreprise :
La direction propose ainsi d'avancer la date des négociations 2016 : "La CGT exige une négociation immédiate sur les salaires. La direction a indiqué qu'elle est prête à ouvrir les négociations salariales et à les anticiper, en les ouvrant en janvier 2016 au lieu d'avril."
Pas de quoi rassurer Richard Ferrasse, de la CGT : "ouvrir les négociations, ça ne veut pas dire le non-gel des salaires. L'année dernière les négociations n'ont rien donné. Je préviens : ces négociations salariales vont être très rudes."
Autre motif de colère : certaines décisions prises par les nouveaux actionnaires de Latécoère, les fonds Apollo Management et Monarch Capital (entrés au capital l'été dernier) :
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Sur ce point, la direction ne souhaite pas réagir, assurant que l'ouverture des négociations salariales "est la priorité".
Lire aussi : Latécoère : les fonds Monarch et Apollo entrent au capital de l'équipementier aéronautique
Selon le secrétaire CGT, la grève entamée cette semaine n'est pas simplement liée aux rémunérations. Il dénonce avant tout un climat anxiogène, notamment dû aux délocalisations (Latécoère vient de poser la première pierre d'une nouvelle usine au Maroc) :
Si les salariés reconnaissent que l'arrivée des fonds américains a permis d'assainir la situation du groupe d'un point de vue comptable, le bilan social et humain dressé par la CGT n'est pas positif :
L'usine vieillissante de la rue Périole va-t-elle déménager ? Depuis plusieurs années, cette hypothèse est évoquée sans qu'elle ne se soit jamais concrétisée. Mais cette fois, Richard Ferrasses est méfiant :
La CGT redoute aussi la vente de la filiale Latelec, basée à Labège. À noter que cette grève dans les ateliers de Latécoère arrive au moment où les dernières livraisons de l'année (de portes d'avions) sont effectuées, pour Airbus et Boeing. Une façon de mettre la pression sur la direction.
Le représentant du syndicat FO, syndicat majoritaire, n'était pas joignable à l'heure où nous publions cet article. Les prochaines élections professionnelles auront lieu en mars prochain.
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