Huit mois pour sauver l’usine Bosch de Rodez
Fleur Olagnier
Fleur Olagnier
Depuis le Dieselgate Volkswagen, la diabolisation du diesel se répand comme une traînée de poudre. L'industrie du moteur thermique toute entière connaît des difficultés : interdiction de circuler dans les grandes villes, avantages fiscaux sur le point d'être rabotés... Près de 4 000 emplois en France et 15 000 en Europe ont été supprimés ces cinq dernières années, et le groupe Robert Bosch France (RBFR) automobile ne fait pas exception. Alors que son usine de Vénissieux doit fermer à la fin de l'année menaçant les postes d'environ 130 salariés, l'avenir du site de Rodez est lui aussi très incertain :
Pire encore, pour le secrétaire du syndicat CGT Bosch Rodez, l'annonce d'un non-investissement menacerait la totalité des 1 600 salariés du site aveyronnais. En effet, la fabrication des injecteurs pour moteurs diesel représente 60% du chiffre d'affaires de l'usine.
C'est un fait, la filière diesel est en pleine mutation. Une transition difficile qui, pour la CGT Bosch Rodez, passe dans l'immédiat par la promotion du diesel 2e génération :
De leur côté, la présidente de région Carole Delga et Jean-Louis Chauzy, président du Conseil économique, social et environnemental régional (Ceser) prévoient d'envoyer un courrier - cosigné par les collectivités et acteurs du territoire concernés - à la Fondation Bosch à Stuttgart. Objectif : assurer l'avenir du diesel de 2e génération à Rodez et proposer de nouvelles productions en lien avec le véhicule du futur, notamment l'électrique.
En mai, la maison-mère de Bosch a annoncé un investissement d'un milliard d'euros pour la construction d'une usine dédiée à la fabrication de semi-conducteurs à Dresde (Allemagne). Cette opération, soutenue par le gouvernement fédéral allemand à hauteur de 200 millions d'euros, est le plus gros investissement réalisé pour un projet spécifique en 130 ans d'histoire de l'entreprise. Les élus et acteurs économiques concernés souhaitent donc que la compagnie effectue un investissement similaire en Aveyron.
D'autre part, Carole Delga, Jean-Louis Chauzy, l'ensemble des parlementaires aveyronnais et les maires du Grand Rodez ont demandé à rencontrer, avec l'intersyndicale du site ruthénois, le ministre de l'économie et des finances Bruno Lemaire au cours du deuxième semestre 2017.
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Cette réunion de travail devra permettre de relancer le comité stratégique pour la filière automobile française.
Enfin, l'intersyndicale de l'usine Bosch de Rodez, inquiète de la baisse des commandes d'injecteurs diesel par Renault (90% de ses ventes), prône une responsabilisation du constructeur français PSA.
"PSA n'accepte d'acheter ses injecteurs chez Bosch que s'ils sont fabriqués dans des pays low-cost. Il faut que ça change, appuie le secrétaire du syndicat CGT Bosch Rodez. BMW commande par exemple 40 à 60% de ses équipements en Allemagne. Si PSA faisait de même, nous pourrions compenser la baisse de demande de Renault... C'est aussi ce que nous souhaitons revendiquer auprès de Bruno Le Maire".
Fleur Olagnier