Depuis de nombreux mois maintenant, les livreurs des plateformes telles que Deliveroo ou Uber Eats protestent contre la dégradation de leurs conditions de travail. Alors qu'un second confinement débute, les syndicats appellent à un rassemblement national. À Toulouse, les livreurs sont invités par la CGT à ne plus prendre de commandes à partir de 19 heures. Ces professionnels demandent une augmentation de leur rémunération notamment."Nous ne pouvons plus vivre de notre travail", tel est le constat tiré par Yohan Taillendier, le secrétaire général du syndicat CGT des "livreurs ubérisés toulousains". Pour tenter de se faire entendre et remédier à cette situation, les coursiers sont appelés à se rassembler ce vendredi 30 octobre à 19h en bas des allées Jean Jaurès de Toulouse. Dans la Ville rose, il est même demandé à ces livreurs, par les responsables syndicaux, de ne plus assurer de commandes dès le début de la soirée.
"Cela fait plus d'un mois que nous envisageons de réaliser un tel mouvement à cette date. Nous ne parlions même pas encore de couvre-feu à l'époque.Nous distribuons même des tracts depuis deux semaines. Mais il est vrai que le contexte risque de nous donner plus de poids. Nous n'allons pas nous en plaindre", témoigne celui qui est aussi livreur.
Au-delà de ce concours de circonstances, ce mouvement est l'occasion selon lui de protester contre les politiques actuelles d'entreprises comme Uber Eats, Deliveroo ou Stuart.
"Nous demandons l'arrêt de la mise en concurrence des livreurs. Ces derniers temps, énormément de coursiers ont été recrutés par les différentes plateformes. Cela leur permettait d'avoir beaucoup de monde à disposition et donc de choisir des personnes leur garantissant que la commande arrive bien à destination. Mais cette politique fait que nous sommes actuellement trop nombreux".
Des livreurs payés en moyenne 9€ de l'heure
Cette flotte trop importante influence les rémunérations des livreurs. Depuis plusieurs années, celles-ci sont en chute libre.
"Il y a deux ans, nous étions payés environ 15€ de l'heure. Il faut enlever à cela l'Urssaf qui nous prend 22 % de nos gains. L'an dernier, nous sommes descendus à 13€. Maintenant, nous touchons plus que 9€ de l'heure en moyenne, avant le versement des cotisations sociales. Parfois, certains d'entre nous ne font carrément que 12,5€ de la journée en étant resté constamment connecté. Cela nous place entre le seuil de pauvreté et le Smic", analyse Yohan Taillendier.
Cette situation entraîne un renouvellement des effectifs. En effet, les livreurs ayant connu des meilleures rémunérations par le passé commencent à lâcher l'affaire. Mais ce n'est pas toujours les coursiers qui décident de leur départ comme l'explique le secrétaire général du syndicat CGT des livreurs ubérisés toulousains.