Airbus : l'idée d'une nouvelle chaîne d'assemblage à Toulouse divise les syndicats

Sophie Arutunian

Sophie Arutunian
Pour Xavier Petrachi, délégué syndical central à la CGT d'Airbus, le calcul est simple : "Si vous commandez un A320 aujourd'hui, vous ne pourrez pas l'avoir avant au moins 8 ans. Le seul moyen de réduire ce délai est d'augmenter les cadences de production. Sachant que nous allons bientôt passer à une cadence maximale de 50 avions par mois, il faudra une nouvelle chaîne d'assemblage pour augmenter encore plus la cadence. Alors autant qu'elle soit construite à Toulouse pour y créer de l'emploi".
Si aucun courrier officiel n'a encore été adressé à la direction d'Airbus, le syndicat (minoritaire) entend entamer un dialogue à ce sujet "dès la rentrée", d'autant plus que cette semaine, la compagnie indienne Indigo a passé une commande record de 250 monocouloirs. "Cela porte le carnet de commandes à 630 avions par an pendant 10 ans", indique le syndicaliste.
Aujourd'hui, l'assemblage des A320 est réparti comme suit :
- 16 avions à Toulouse (2 FAL)
- 32 avions à Hambourg (3 FAL plus une quatrième à venir)
- 4 avions à Tianjin, Chine (1 FAL)
- 4 avions à Mobile, USA (1 FAL)
Autre son de cloche chez le syndicat majoritaire, Force Ouvrière. Pour le délégué syndical central Airbus Jean-François Kiepper,"le sujet est très politique. C'est entre l'Allemagne et la France que ça se joue et il faut faire attention à ce que l'on dit".
Ce transfert permettrait de créer 260 emplois à Toulouse. La création d'une nouvelle ligne d'assemblage concernerait quant à elle une centaine d'emplois, selon le délégué syndical.
Néanmoins, FO a également une revendication concernant Toulouse : "Nous souhaitons des investissements lourds pour moderniser les FAL actuelles. Rendez-vous compte, ce sont celles qui ont assemblé le Concorde et le Caravelle ! Nous souhaiterions davantage de sécurité et de confort pour les salariés".
En juin dernier, le CEO d'Airbus Fabrice Brégier a affirmé que dans l'hypothèse où Airbus décidait de porter ses cadences de production de l'A320 au-delà de 50 appareils par mois, l'entreprise aura une chaîne d'assemblage finale supplémentaire. "Le scénario le plus probable est de l'installer en complément d'un site en Europe, a-t-il ajouté, probablement à Hambourg". "Nous prendrons une décision cette année", avait alors précisé Fabrice Brégier.
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Contacté ce vendredi 21 août, le service communication d'Airbus affirme finalement que cette décision "est loin d'être validée" qu' "il n'y aura pas de décision avant la fin de l'année".
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L'A320 d'Airbus est connu pour être l'un des avions les plus fiables et les plus vendus au monde. C'est le plus grand succès commercial de l'avionneur européen avec plus de 6 000 livraisons au compteur.
Sophie Arutunian