Alors que de nombreux secteurs d’activité semblent touchés par la crise engendrée par la situation sanitaire, le Crédit Agricole Toulouse 31 considère que le tableau n’est pas aussi noir qu’il n’y paraît. Une reprise économique généralisée est d’ailleurs attendue pour 2021. En attendant, la banque expose les chiffres des différentes aides mises en place afin de soutenir particuliers et entreprises."L'atmosphère générale est bien trop sombre. Nous vivons une crise dont la cause est exogène aux entreprises. Quand elle va disparaître, l'économie va aller mieux et repartir de l'avant rapidement. Nous allons voir le bout du tunnel en 2021. Je ne crois pas en une vision catastrophique de l'avenir", explique Nicolas Langevin,directeur général du Crédit Agricole Toulouse 31.
Depuis le début de l'année 2020 et avec les deux confinements provoqués par l'épidémie de Covid-19, de nombreux secteurs se sentent en danger. En cause, les fermetures administratives qui ont engendré des manques à gagner importants pour les restaurants, les petits commerces, les salles de sport ou les acteurs du monde de la culture, entre autres.
"La situation n'est pas aussi noire qu'on peut le penser, relativise Nicolas Langevin. Seuls les secteurs les plus touchés voient des entreprises en danger. Parmi ceux-là, nous pouvons citer l'événementiel, qui a connu une année blanche quasi-complète ou le tourisme, qui a tout de même connu une petite fenêtre de respiration estivale"
Ainsi, plus de 80% des entreprises clientes de la banque ne seraient pas en danger de mort économique imminent.
"Nous distinguons trois types d'entreprises. Il y a celles qui ont été peu ou pas du tout impactées par la crise sanitaire. Elles représentent 10 à 20% de nos clients et présentent un chiffre d'affaires égal ou supérieur à celui de l'an dernier. Ensuite, 70% des sociétés ont subi un impact modéré avec une perte de chiffre d'affaires de 10 à 15%. Pour elles, la gestion est adaptée en fonction des besoins. Enfin, les 10 à 20% restantes ont été fortement touchées. Celles-ci utilisent tous les outils mis à leur disposition comme le chômage partiel ou les PGE (Prêt Garantis par l'Etat, ndlr). L'État n'a jamais autant aidé l'économie. Cela a eu pour conséquence de voir moins de défaillance d'entreprises que l'an dernier."
340 millions de PGE accordés aux entreprises
Parmi les instruments mis en place pour soutenir les sociétés de Haute-Garonne, les prêts tiennent une part importante, entre reports et rallonges financières.
"2.200 emprunts ont été mis en pause ou ont vu un allongement de leur période de suspension pour un valeur totale de 23 millions d'euros, chiffre Nicolas Langevin. En plus de cela, nous avons également réalisé 3.000 PGE pour un montant total de 340 millions d'euros. Parmi ceux-là, 50 à 60% n'ont pas été touchés".
Le secteur aéronautique, qui emploie de nombreux actifs du côté de Toulouse, se verra lui aussi prochainement aidé. La banque a déjà annoncé débloquer 100 millions d'euros pour le fonds de l'État dédié aux rebonds des PME et ETI de la filière. Enfin, l'établissement s'engage aussi à soutenir les sociétés en quête de numérisation en leur mettant à disposition 100 millions d'euros du plan de relance national dédiée à la digitalisation des entreprises.