Et si l'Amérique nous sauvait...

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barack Obama à l'Ohio State University, le 22 mars dernier. Cette semaine-là, sa campagne pour les élections présidentielles du 6 novembre a officiellement commencé. [AFP]
barack Obama à l'Ohio State University, le 22 mars dernier. Cette semaine-là, sa campagne pour les élections présidentielles du 6 novembre a officiellement commencé. [AFP]
La catastrophe budgétaire annoncée aux États-Unis menace le pays d'une croissance faible à l'européenne. Ce sera l'enjeu principal de la campagne présidentielle. L'Amérique est pourtant en train de se réinventer un modèle économique fondé sur l'énergie bon marché, avec la révolution du gaz de schiste.

Betting on America (« Parier sur l'Amérique »). Après Forward (« En avant ») en 2007, voilà le slogan choisi par Barack Obama pour lancer cette semaine sa campagne. Le président des États-Unis, candidat à un nouveau mandat le 6 novembre prochain, va aller à la rencontre des électeurs dans l'Ohio et la Pennsylvanie voisine, deux États industriels en crise où domine la classe ouvrière blanche frappée de plein fouet par les délocalisations et dont le vote sera décisif cet automne. Le slogan, assez proche de celui de son adversaire républicain Mitt Romney (« Croire aux États-Unis »), montre que la campagne présidentielle américaine va se jouer, une nouvelle fois, sur les questions économiques. Le taux de chômage, remonté à 8,2?% de la population active en mai, sera l'une des clefs du scrutin.
Ayant sauvé de justesse son bilan social grâce au président républicain de la Cour suprême, John Roberts, qui a finalement voté en faveur de la réforme de la santé (Affordable Care Act, une assurance-maladie destinée aux 30 millions de pauvres non couverts par Medicare), Obama n'est pas encore tiré d'affaire. Il a vu en tous les gouvernements en place en Europe perdre les élections depuis le début de la crise. Pourquoi Barack Obama s'en tirerait-il mieux, alors que la croissance américaine ne fait pas d'étincelles et que les classes moyennes expriment leur colère dans les mouvements du Tea Party ou des 99 % ? Son prochain défi, c'est le fiscal Cliff, le mur budgétaire, pour ne pas dire la montagne, qui menace de faire replonger l'économie. Les économistes ne parlent que de ça, faisant le parallèle avec la situation européenne, condamnée à une austérité sans fin et qui promet une « décennie perdue », selon l'expression de la banque d'investissement Goldman Sachs. Confronté aux mêmes maux - dette, vieillissement de la population, chômage structurel -, l'Amérique, de ce point de vue, s'européanise.
Dans son rapport annuel sur les États-Unis, publié mardi dernier, le Fonds monétaire international a exhorté le pays à ne surtout pas faire comme l'Europe, en réduisant trop vite son déficit budgétaire ! Le FMI a du coup révisé en baisse la croissance, de 0,1 point, à 2 % pour cette année et à 2,3 % pour 2013. On peut accuser la zone euro de tous les maux, d'être incapable de résoudre seule ses problèmes de solidarité financière et de gouvernance politique, mais force est de constater que le tableau n'est guère plus à l'avantage de la grande démocratie américaine. À l'été 2011, déjà, le pays le plus endetté du monde, en valeur absolue, avec 15 895 milliards de dollars...

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Commentaires
a écrit le 12/07/2012 à 15:24 :
La France est déficitaire surtout vis-a-vis de l'Allemagne, ceci est du au fait que les différents gouvernements n'ont pas été en mesure de faire ce que Schröder (socialiste de nom seulement) à pu faire en Allemagne: Agenda 2010. En fait la SPD de Schröder a trahi le socialisme au bénéfice du gros capital allemand et aux dépens non de la classe ouvrière allemande ou seulement en premier lieu, mais aux dépens de la classe ouvrière et du gros capital des autres pays de l'Union Monétaire. Il a en quelque sorte fait du dumping social et cela profite maintenant à tous les allemands, même si beaucoup d'entre eux doivent se serrer la ceinture. Le modèle allemand ne fonctionne que pour le premier qui trahi le plus, vouloir l'imiter nous ramènerait à moyen terme au début de l'industrialisation et à l'exploitation de l'homme par l'homme. Il faut par tous les moyens, sauf le dumping social, faire disparaître les déficits et excédents des balances commerciales de tous les pays de l'Union Monétaire, les déficits budgétaires en seront réduit d'autant parce-que moins d'importations et plus d'exportations, donc moins de chômage.
Il est évident que cette trahison ou dumping social profite pour l'instant aux traitres Allemands. Mais il est vrai aussi que si la fameuse Agenda 2010 de Schröder a fonctionné c'est parce-que les accords imposés par l'axe franco-allemand le veulent ainsi. La France est donc responsable de la situation actuelle tout autant que l'Allemagne. La loi du plu fort est appliquée à l'intérieur de L'Union, ce qui est un paradoxe en sois d'ailleurs.
Il faut simplement revoir les accords!

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