La France a renoncé à l'indépendance énergétique
Sébastien Laye et Mikå Mered
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune
Sébastien Laye et Mikå Mered
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune
Parmi les oubliés de la prospective, « le futur énergétique n'a jamais été aussi incertain », s'alarment trois économistes experts en énergie (Jean-Marie Chevalier, Michel Derdevet et Patrice Geoffron) dans un récent ouvrage incontournable en la matière, L'avenir énergétique : cartes sur table (Folio).En effet, dans un contraste saisissant, l'Europe a certes dégagé une vision commune avec la directive 3x20 (efficacité énergétique, développement des renouvelables et réduction des gaz à effet de serre), mais les bilans nationaux pris séparément sont fort disparates, alors qu'à l'opposé les États-Unis s'appuient sur une perspective d'indépendance énergétique et de statut de premier producteur d'énergie au monde à l'horizon 2020. En 2011, 81 % de la demande domestique a pu être assurée par la production locale, à savoir le plus haut niveau atteint depuis 1992, et, pour la première fois depuis 1952, les États-Unis ont en ligne de mire l'indépendance énergétique. Dans un mouvement stratégique commun à la Chine, la Russie, la Pologne ou encore l'Australie, c'est parce qu'il y a eu une volonté gouvernementale et un débat sur l'encadrement des techniques d'exploitation - que nous nous sommes dogmatiquement refusé - que les États-Unis ont pu développer une industrie forte en moins de cinq années. Bien sûr, beaucoup de compagnies américaines ne respectent pas la réglementation instaurée, comme l'a montré le très bon documentaire Gasland, de Josh Fox. Mais la France n'est pas les Etats-Unis : si nous le décidions, nous aurions une réglementation forte et respectée avec des contrôles stricts.
À lire également
Or, avant même de pratiquer toute exploration ou le moindre test, on a démagogiquement refusé d'encadrer fortement la technologie, de pratiquer toute exploration et même de conduire le moindre test sous contrôle gouvernemental. En France, pays du saint-simonisme et des premières théorisations de la maîtrise de l'environnement par l'humain, les débats publics sur ces mêmes techniques de fracturation hydraulique puis sur le nucléaire - moteur bicéphale de l'indépendance énergétique américaine - ont suscité une glose abondante dans un sens unique déconcertant. En effet, jamais n'a-t-on cherché durant ce non-débat public à trouver un juste milieu et dégager une vraie écologie politique à la française.
Sébastien Laye et Mikå Mered
Décarbonation de l’aviation : le pari du e-SAF dans le sud de la France
Trump rallume la chaudière du charbon américain avec 700 millions de dollars
Micro-réacteurs nucléaires : Antares franchit le cap décisif de la criticité
L’industrie française repasse les 10% du PIB, mais les usines continuent de fermer