Bruxelles s'inquiète de l'avenir des énergies renouvelables après 2020

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Dans une communication, la Commission européenne insiste ce mercredi 6 juin sur la nécessité d'un cadre réglementaire favorable aux investissements privés dans le secteur des énergies vertes. Mais se garde bien de revenir sur la récente inclusion du gaz dans les « énergies bas carbone » susceptible de bénéficier de subventions européennes.

Aujourd'hui le plus volontariste en matière d'objectifs climatiques, le Vieux Continent doit opérer certains ajustements pour conserver un rôle, notamment dans les énergies renouvelables. Le paquet « 3 x 20 », qui prévoit 20 % d'énergies renouvelables en 2020, 20 % de réduction des émissions de gaz à effet de serre et de consommation d'énergie entre 1990 et 2020, symbolise ce volontarisme.

Mais, outre qu'il n'est pas certain que les 27 Etats membres atteignent cet objectif, la Commission européenne pose déjà les jalons qui lui semblent indispensables à la poursuite de cette politique au-delà de 2020. A commencer par une véritable intégration du marché de l'énergie, pré-requis indispensable à la mise en ?uvre des mesures préconisées. Günther Oettinger, Commissaire européen en charge de l'énergie, a insisté sur la nécessité de réaliser ce développement selon le meilleur rapport coût/efficacité possible, et de proposer aux investisseurs privés un cadre clair, fondé sur des politiques dépassant l'horizon 2020.

Bruxelles incite donc les Etats membres à définir le plus rapidement possible des étapes à l'horizon 2030, notamment en matière de réduction des gaz à effet de serre. L'investissement en capital nécessaire à la poursuite d'un développement des énergies propres est en effet estimé à 70 milliards d'euros par an, soit deux fois plus que le montant actuel.

Le gaz assimilé par Bruxelles à une énergie renouvelable

Mais la Commission elle-même, comme l'a révélé un article du quotidien britannique The Guardian le 29 mai dernier, vient d'inclure le gaz dans les énergies qui pourraient bénéficier d'aides européennes à la R&D, initialement destinées aux énergies vertes.

Le programme Horizon 2020 prévoit 80 milliards d'euros consacrés à la recherche et à l'innovation entre 2014 à 2020, dont 30 milliards destinés à des technologies favorisant la transition vers une société plus sobre en énergies fossiles et en carbone. Selon le Guardian, qui a eu accès à des documents secrets, le gaz aurait finalement été ajouté à la liste des technologies concernées, à l'issue d'un intense lobbying de la part des industriels. Or, comme le rappelle un rapport élaboré par le groupe des Verts présenté mardi, les énergies fossiles bénéficient déjà dans le monde de quelque 750 milliards de dollars de fonds publics, et ce depuis des années...

Dans sa communication de mercredi, Bruxelles liste plusieurs aménagements de nature à favoriser le développement des énergies renouvelables après 2020 : un système d'aides aux énergies vertes plus homogènes d'un Etat membre à un autre, favorisant notamment les réductions de coûts  ; la généralisation des échanges d'énergie intra-européens, permettant de développer l'éolien là où il est le plus rentable, et de même pour le solaire.

Echanges  intra et extra-européens d'énergie propre

En corollaire, les mécanismes de coopération (déjà prévus dans la directive sur les énergies renouvelables) pourraient être généralisés, puisqu'ils permettent précisément aux Etats d'atteindre leurs objectifs nationaux en achetant de l'énergie verte à un autre Etat membre, voire à un Etat extra-européen.

Par exemple au Maghreb, où les Européens prévoient dans le cadre du projet Desertec de contribuer à développer pour 100 gigawatts d'énergie solaire et éolienne d'ici à 2050, dont une partie serait destinée à l'exportation vers l'Europe. Mais cela nécessiterait un marché régional intégré également de l'autre côté de la Méditerranée, une perspective sur laquelle la Commission européenne a moins de prise encore que sur les Etats membres...


 

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a écrit le 07/06/2012 à 0:33 :
Oh oui, Bruxelles et Baroso s'inquiètent! Mais que faire? Un peu de réglementation peut-être? Avec un zeste de préparation pour une éventuelle taxation?
Il n'y a vraiment pas à dire: laisser des bureaucraties sans contrôle ou sous celui d'autres bureaucrates est toujours le chemin le plus sûr vers l'asservissement et la contrainte.
Réponse de le 07/06/2012 à 1:19 :
Si il n'y avait pas eu ces fameux bureaucrates si controversés, la France aurait encore ses décharges sauvages, ne recyclerait pas ou peu, continuerait à polluer ses nappes phréatiques et sols, importerait beaucoup plus d'énergies fossiles, n'aurait pas fait beaucoup d'avancées dans l'isolation de ses logements etc. Même si ce n'est pas parfait il y a eu énormément d'avancées dans beaucoup de domaines et ce dans les 27 pays. Comparez la Roumanie avant et après, la Bulgarie etc. Donc vive l'Europe et plus d'Europe !
Réponse de le 07/06/2012 à 13:37 :
Et pourtant c'est grace a la bureaucratie que la mafia a pris la main sur la gestion des poubelles Italiennes...
Réponse de le 07/06/2012 à 21:59 :
Non, c'est grâce aux mafias et aux politiciens corrompus.
a écrit le 06/06/2012 à 23:36 :
Merçi à Bruxelles de considérer le Gaz comme Energie renouvelable! Le Gaz de schiste a donc maintenant de l'avenir .On va finir par regretter le nucléaire....
Réponse de le 07/06/2012 à 1:23 :
Certains anglais n'y sont pas étrangers : http://www.euractiv.com/fr/energie-efficacite/des-documents-revelent-la-lutte-news-513102
Réponse de le 07/06/2012 à 21:59 :
Bah... Les diesels sont bien considérés comme des véhicules propres en France.

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