Croyez-vous au Père Noël?
Robert Jules
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Faut-il croire au Père Noël ? Les adultes ont coutume de répondre par la négative, abdiquant ainsi leurs rêves d'enfants. Mais fort heureusement, il en est encore, à l'image de certains hommes politique européens, qui savent entretenir les songes.
Voyez par exemple, le Premier ministre français, Jean-Marc Ayrault, qui, sous le sapin, continue de faire accroire à ses concitoyens que la croissance française atteindra bel et bien 0,8 % l'an prochain et que son gouvernement n'aura alors aucune difficulté à respecter son engagement de ramener sous les 3 % du PIB le déficit public. C'est un beau cadeau à offrir aux Français et à tous les Européens auprès de qui il a pris cet engagement.
L'ennui, c'est que ce cadeau ressemble un peu aux pochettes surprise de la loterie : plein de promesses, il finit souvent à la poubelle pour enfanter une déception. En tout cas, l'Insee ne laisse guère de doute : la croissance française devrait, selon l'Institut, être nulle. Du coup, le cadeau des 3 % promis à Bruxelles attendra sans doute un autre Noël. A moins que le bonhomme rouge à la barbe blanche aie le pouvoir de faire des miracles en matières budgétaires...
En Espagne, Noël c'est surtout la période de la fameuse loterie, justement, le Gordo qui fait quelques millionnaires chaque année. Le Premier ministre, espagnol, Mariano Rajoy, n'y a pas gagné, mais lui aussi a inscrit sur sa liste au Père Noël un beau cadeau pour son pays : le retour à la croissance pour son pays en 2014. Un beau cadeau qui néanmoins ne doit pas cacher un petit désagrément : ceci signifie surtout que 2013 sera une nouvelle année de récession à -0,5 %. C'est certes moins rude que cette année où on prévoit un recul du PIB de 1,5 %, mais pas de quoi danser un paso doble sous le sapin...
Aussi, on peut se demander si, comme le mythe du Père Noël, celui de la reprise prophétisé par ces politiques, toujours trop optimistes au regard de nombreux experts (dont ceux des institutions internationales) n'est pas une vaste escroquerie où l'on vend surtout de l'espoir à bon marché.
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Robert Jules