Dynamisme en berne
Robert Jules
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La célébration du cinquantième anniversaire du traité de l'Elysée par l'Allemagne et la France donne lieu à un déluge de commentaires dont on peut dégager quelques enseignements. Les deux pays, qui se sont combattus trois fois en quatre-vingts ans, ont incontestablement établi des relations de paix durables.
Toutefois, depuis la réunification de l'Allemagne, ces liens ont commencé à se distendre, les générations qui ont connu la guerre se sont retirées de la scène du pouvoir et ont laissé la place à des leaders davantage préoccupés par la mondialisation et la concurrence qui l'accompagne. La crise européenne aura montré de façon écllatante combien l'écart entre les deux rives du Rhin tendait à s'élargir, avec en Allemagne une opinion qui n'est pas majoritairement francophile et en France une crainte pathologique de se voir distancée, sinon lâchée.
Pouvoir européen plus dilué
De fait, le fameux « moteur franco-allemand », évoqué ad nauseam, ne tourne plus comme une horloge suisse. Mais est-ce si tragique ? Pas si sûr. Avec l'arrivée massive de nouveaux membres dans l'Union - qui ont théoriquement droit au chapitre au même titre que les membres fondateurs -, cette relation franco-allemande a perdu de sa dynamique historique au profit d'un pouvoir européen plus dilué. C'est peut-être moins exaltant pour l'histoire avec un grand H, mais plus réaliste face à une concurrence exacerbée par la mondialisation.
"Résilient dynamism"
L'autre grand rendez-vous, cette semaine, c'est Davos, en Suisse, réunion de tout le gratin mondial des responsables qui comptent pour échanger leurs idées sur ce qu'il faudrait faire pour que cela aille mieux. La Tribune y sera aussi. Mais c'est le thème retenu par l'affable Klaus Schwab, fondateur en 1971 de ce forum, dont il décline avec succès la formule aux quatre coins de la planète, qui intrigue : « Résilient Dynamism », le dynamisme résilient. La résilience - un mot emprunté à la langue anglaise - a émergé ces dernières années dans le milieu de la psychologie et de la psychiatrie. Il signifie « qui résiste aux chocs ».
Robert Jules