Banques et régulateur, le jeu du chat et des souris : la colère de la Banque d'Angleterre contre le lobby bancaire
Christine Lejoux
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Sir Mervyn King aurait pu rêver d'un départ en retraite plus paisible. Le 25 juin dernier, quelques jours avant qu'il ne cède la place à son successeur, Mark Carney, la moutarde est montée au nez du gouverneur de la Banque d'Angleterre (BOE), qui a accusé des politiques britanniques de tout premier rang de faire pression sur le régulateur bancaire, à la demande des banques, pour assouplir certains projets de réglementations.
"Il est important que les banques ne ressentent pas le besoin, en sortant des réunions avec les autorités de supervision, de se précipiter sur le téléphone pour appeler le 11, voire le 10 Downing Street [les adresses du chancelier de l'Echiquier, George Osborne, et du Premier ministre, David Cameron ; Ndlr], afin que ces derniers fassent pression sur le régulateur bancaire pour qu'il revienne sur certaines de ses décisions", a jeté Mervyn King, lors de son dernier discours devant la Commission du Trésor du Parlement britannique.
Tout en se gardant de divulguer des noms, Mervyn King a affirmé "qu'au moins une conversation avait eu lieu, à (sa) connaissance, entre une personnalité politique et un membre du conseil d'administration de la Prudential regulation authority (PRA, la nouvelle entité de la BOE en charge de la réglementation du secteur bancaire)."
Les banques britanniques n'ont pas apprécié les exigences de leur nouveau régulateur
Quelques jours plus tôt, le 20 juin, la BOE, chargée depuis le 1er avril de superviser le secteur bancaire via la PRA, avait estimé que les principales banques britanniques - Barclays, Co-operative Bank, Lloyds Banking Group, Nationwide et RBS (Royal Bank of Scotland) - devaient encore renforcer leurs fonds propres à hauteur de 13 milliards de livres, afin de respecter le nouveau ratio de levier défini par le Comité de Bâle.
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Les banques britanniques, qui avaient déjà consenti un effort de 13 milliards de livres pour solidifier leurs bilans, dans le cadre de la future réglementation de Bâle III, n'ont guère apprécié cette exigence supplémentaire. Nationwide et Barclays, en particulier, n'ont pas fait mystère de leur irritation, la banque dirigée par Antony Jenkins affirmant que pareille exigence l'obligerait sans doute à réduire ses prêts aux ménages et aux entreprises, au moment précis où le gouvernement s'efforçait de donner un coup de fouet à l'économie britannique.
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