Pourquoi Tokyo va réduire ses achats de bons du Trésor américain
Romain Renier
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Un tsunami au Japon peut suffire à accélérer le basculement du monde. C'est l'enseignement que l'on pourrait être amené à tirer de la catastrophe nucléaire de Fukushima dans les prochaines années. La vague, qui a frappé le nord-est d'Honshu, l'île principale de l'archipel nippon, et provoqué la catastrophe nucléaire de Fukushima, avait stoppé net l'économie du pays et fait reculer son produit intérieur brut (PIB) de -0,60% en 2011. En 2012, le PIB est finalement reparti à la hausse avant une nouvelle contraction de -3,5% au troisième trimestre en rythme annuel. Avec ce coup de frein imprévu, c'est la structure même de l'économie japonaise qui a été touchée.
Fukushima, l'accélérateur
En commandant l'arrêt pour maintenance des 50 réacteurs nucléaires encore en état de fonctionner que compte le pays, Tokyo a ouvert une Boîte de Pandore. L'opinion publique, fortement mobilisée contre leur redémarrage, a obtenu la mise en place d'un programme de sortie du nucléaire à l'horizon 2030 en septembre dernier. Aujourd'hui, seuls deux réacteurs ont été autorisés à redémarrer.
Depuis, les électriciens japonais ont été contraints de faire tourner leurs centrales thermiques à plein régime pour compenser la baisse de la production d'électricité. Provoquant une explosion de la facture énergétique. Le Japon, pays exportateur historique et habitué à des excédents commerciaux frisant l'insolence, a alors accusé un premier déficit commercial record en 2011... avant que celui-ci ne soit battu dés 2012 en atteignant 6.927,3 milliards de yens (58 milliards d'euros).
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« Beaucoup d'économistes avaient prévu le déficit de la balance commerciale, mais pas aussi tôt. Parce qu'ils n'avaient pas prévu Fukushima. La catastrophe a accéléré les changements en cours, » explique Koji Shimamoto, chef économiste à Société Générale CIB Japon et directeur de la branche japonaise de SG Securities.
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