Fintech : ailleurs elle menace les banques, en Afrique, elle crée de la valeur
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Après avoir révolutionné plusieurs aspects de la vie quotidienne des Africains, la technologie provoque la « disruption » (voir le lexique plus bas) dans le secteur des finances. En Occident, la guerre est déclarée entre banques et startups proposant des services financiers (appelées fintech). Le financement des startups axées fintech a plus que doublé en 2015 atteignant les 12,2 milliards de dollars, alors que l'on ne parlait, en 2014, que de 5,6 milliards de dollars, selon une étude du cabinet de PricewaterhouseCoopers (PwC). Une croissance qui touche aussi l'Afrique, où la capitalisation de ces startups atteint des niveaux spectaculaires. Selon les estimations du même cabinet, le marché des fintech atteindra 3 milliards de dollars en 2020 alors qu'il n'était que de 0,2 milliard en 2014. Il n'empêche que la configuration en Afrique reste différente de celle du reste du monde.
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Autrement dit, les fintech africaines, ou qui ciblent le marché continental, ne risquent pas, dans la majorité des cas, de détruire de la valeur pour les banques, contrairement à la configuration dans d'autres marchés. En effet, elles viennent répondre à un besoin dont l'offre est inexistante : jusqu'à 80 % du continent n'est pas bancarisé et environ 90 % des paiements de détail sont effectués en utilisant du liquide. Parallèlement, Cisco, le fabricant américain d'infrastructures télécoms, relève qu'au cours de l'année dernière, l'Afrique et le Moyen-Orient ont affiché le taux de croissance le plus élevé du trafic mondial des données mobiles. En fait, si le monde entier a enregistré une croissance de 63 %, le Moyen-Orient et l'Afrique ont marqué une croissance de 96 %. Dans le même temps, 320 millions de smartphones ont été vendus en Afrique depuis le début des années 2000. Selon les études de l'IDC, un cabinet spécialisé dans la technologie, plus de 600 millions de smartphones seront en circulation sur le Continent d'ici à 2025. Cela signifie qu'une fois cette échéance passée, il y aura largement plus d'Africains équipés de smartphones que de titulaires d'un compte bancaire...