« Luanda Leaks » (2/3) : un « réseau bancaire africain » pour contourner le veto des banques occidentales

Photo d'illustration
ICIJ

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« L'Afrique a été coupée des institutions financières. [...] Il y a beaucoup de discrimination. [...] Nous avons décidé de construire ces banques », déclarait Isabel dos Santos à des étudiants en commerce à Londres en 2017. Selon le Consortium international de journalistes d'investigation (ICIJ), la milliardaire ferait ainsi allusion à la réticence souvent manifestée par certaines banques internationales contre des opérations en lien avec ses entreprises.
« Luanda Leaks » -l'enquête de l'ICIJ basée sur 715 000 documents- révèle qu'à partir des années 2010 plusieurs géants mondiaux de la banque ont commencé à mettre leur veto sur les clients dont l'intégrité des fonds pouvait questionner. En cause, la rigueur des autorités financières occidentales en matières de transactions bancaires, renforcée après la crise financière de 2008.
L'interpellation en 2012 « d'un régulateur américain clé » concernant la non-identification de clients à risque chez Citibank est une sorte de mise en garde pour Citigroup. La même année, sa filiale Citigroup Global Markets Limited renonce à un accord de financement avec Amorim Energia BV, une holding néerlandaise détenue en partie par Isabel dos Santos, indique l'enquête. En 2013, c'est au tour de Barclays Bank de se désengager du même type d'opération.
En 2014, le numéro un de la banque espagnole, Santander, refuse de travailler avec Isabel dos Santos, considérée comme une cliente à risque en raison de son exposition politique [pour être, à l'époque la fille du président angolais]. Un échange d'email entre collaborateurs de la femme d'affaires montre qu'ils ironisent même sur la réaction de la banque. Toujours selon Luanda Leaks qui cite des emails en référence, Deutsche Bank également se serait opposée à des transferts d'argent de Sindika Dokolo, l'époux d'Isabel dos Santos.
Au Cap-Vert, Isabel dos Santos a commencé à investir en 2012. Sa participation dans Banco BIC Cabo Verde aurait permis le transfert d'importantes sommes d'argent, selon l'ICIJ qui prend à témoin la transformation d'une « une perte de 1,7 million d'euros en un bénéfice de 12,9 millions d'euros » entre 2013 et 2017. La femme d'affaires qui détient également une partie de Banco BIC Angola pouvait encore aisément d'en servir jusqu'au gel de ses avoirs fin décembre. Au Portugal, la milliardaire ne s'appuyait plus que sur EuroBic (anciennement Banco BIC Portugal pour ses importants financements, allant parfois jusqu'à plusieurs millions de dollars.
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Isabel dos Santos n'a cessé, depuis le début de cette affaire de nier tout recours aux fonds publics pour investir durant toutes ces années. Elle évoque même « une part importante de crédit bancaire » dans son total investissements. Cependant, l'enquête de l'ICIJ fait valoir que la femme d'affaires aurait recouru à des montages financiers complexes pour justifier des transactions de prêts/emprunts entre banques et entreprises dont elle était actionnaire. Ce que continue de réfuter la milliardaire qui s'est vue retirer le partenariat qu'elle avait obtenu au nom d'Unitel pour le Forum économique mondial 2020 qui s'est ouvert ce mardi à Davos.