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Finances - La Tribune AfriqueCommodities - La Tribune Afrique

Fin du financement du pétrole : ces pays africains qui vont pâtir de la décision de la Banque mondiale

Photo de Ibrahima Bayo Jr.

Ibrahima Bayo Jr.

Publié le 12 décembre 2017 à 16:50

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Coup de semonce dans le monde des énergies fossiles ! Depuis Paris où se tient le One Planet Summit, la Banque mondiale (BM) a annoncé qu’à partir de 2019, elle ne financera plus l’exploration et l’exploitation de projets d’hydrocarbures pour se conformer à l’accord de Paris paraphé lors de la COP21. Une décision qui pourrait impacter beaucoup de pays africains.

1,6 milliard de dollars ! C'est l'enveloppe de la Banque mondiale consacrée à l'industrie du pétrole et du gaz en 2016. Mais ce chèque qui représente moins de 5 % de la totalité des financements accordés dans ce domaine en 2016, pourrait fondre comme neige au soleil.

Sueurs froides chez les producteurs et futurs émirats pétroliers d'Afrique

En marge du One Planet Summit, co-organisé par le Groupe de la Banque mondiale, l'ONU et la France, l'institution présidée par Jim Yong Kim fixe à 2019, la fin de ses financements accordés à l'exploration et à l'exploitation du gaz et du pétrole.

Une décision justifiée par la volonté de la Banque mondiale de s'aligner sur les objectifs de l'Accord de Paris, signé lors de la COP21 et par lequel, la plupart des pays, exception faite des Etats-Unis de Donald Trump qui s'en sont retirés, s'engagent à lutter contre le réchauffement climatique. L'institution de Bretton Woods, basé à Washington, devient ainsi, la première organisation internationale à prendre une telle mesure.

Cette dernière risque pourtant d'impacter plusieurs pays notamment africains qui voyaient un avenir économique prometteur écrit à l'encre de l'or noir. La désillusion sera grande pour les producteurs de pétrole africains notamment des pays du Golfe de Guinée comme le Nigéria, l'Angola, le Gabon, le Congo, la Guinée Equatoriale ou encore le Ghana, d'Afrique du nord dont l'Algérie, l'Egypte, la Libye dont les économies, durablement impactées par la chute des cours, ont dû s'atteler à la diversification de leurs économies, non sans s'attendre à une reprise pour doper leur croissance moribonde.

En revanche, dans un autre camp, l'annonce de la Banque mondiale a dû provoquer des sueurs froides. Il s'agit des pays qui se découvrent des richesses en or noir dans leur sous-sol ou en offshore et se rêvaient déjà en émirats pétroliers en terre africaine. Dans le lot, le Ghana, le Niger, le Tchad, la Mauritanie, le Sénégal et même la Tunisie où les potentialités en cours d'exploitation ou de recensement, présageaient des leviers pour booster l'économie.

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Une obligation de voir un avenir diversifié et en vert pour l'Afrique

Dans une moindre mesure, la « fin du pétrole » dont l'acte de l'arrêt du financement a été prématurément rédigé par la Banque mondiale devrait impacter les Etats-Unis, la Chine et l'Union européenne, principaux consommateurs du pétrole africain qui constituent une source d'approvisionnement complémentaires à leurs besoins en or noir.

L' «espoir» est cependant permis. Dans l'annonce de sa décision tonitruante, la BM a laissé une exception qui fait figure de brèche pour les Africains qui souhaitent profiter de financement pour développer leur industrie du pétrole. Certaines « circonstances exceptionnelles » peuvent permettre aux « pays les plus pauvres où il y a un déficit clair en terme d'accès à l'énergie » de bénéficier de prêts de la BM pour l'exploration et  l'exploitation des hydrocarbures. La seule condition dans cette exception pour ces pays est que ces financements ne soient pas contraires à leurs engagements dans l'accord de Paris qu'ils ont signé en 2015, ce qui réduit considérablement la liste des pays qui peuvent en bénéficier.

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La solution de remplacement pour ces pays astreints à regarder leurs puits de pétrole sans les exploiter, serait peut-être de trouver des sources alternatives de financements avec des organismes non comptables de l'accord de Paris -Etats-Unis par exemple- pour financer l'exploration et l'extraction de pétrole. Mais plus que tout, l'avenir se construira sur les voies de la diversification ou de la conversion au vert !

Ibrahima Bayo Jr.

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