A Bruxelles, le G5 Sahel change de stratégie et mobilise davantage de fonds
Aboubacar Yacouba Barma

G5 Sahel Bruxelles
DR
Aboubacar Yacouba Barma

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Le G5 Sahel ne mise plus sur la réponse militaire pour mobiliser les financements nécessaires au déploiement de sa force conjointe afin de faire face à l'amplification des risques sécuritaires qui affectent la sous-région. Après avoir peiné, pendant plus deux années, à mobiliser les fonds pour l'opérationnalisation effective de la force conjointe (FC G5 sahel), la priorité est désormais accordée à une approche qui privilégie des projets de développement.
C'est avec cette nouvelle stratégie que les 5 chefs d'Etats de l'organisation Sahélienne se sont donné ce rendez-vous, ce vendredi 23 octobre à Bruxelles, où se tient la Conférence international de haut niveau sur le Sahel. Annoncé depuis plusieurs mois, l'événement se tient sous l'égide de l'Union européenne (UE) ainsi que plusieurs autres partenaires dont l'ONU, l'Union Africaine (UA), la CEDEAO en plus d'institutions financières internationales comme la Banque mondiale ou la BAD.
C'est au total une quarantaine de pays qui participent à la Conférence de Bruxelles qui se tient en présence des 5 chefs d'Etat des pays membres du G5 Sahel. La majorité sont des pays européens auxquels sont venus s'ajouter les pays qui ont répondu présents à la sollicitation française notamment l'Arabie Saoudite, les Emirats arabes unis ou les USA ainsi que nouveaux partenaires comme le Maroc, la Turquie, le Japon, l'Afrique du Sud et même la Chine qui ont envoyés leurs représentants.
Aux cotés des président Issoufou du Niger, IBK du Mali, Roch Kaboré du Burkina, Ould Aziz de la Mauritanie et Déby du Tchad, on a enregistré la participation des présidents français Emmanuel Macron, de la chancelière allemande Angela Merkel ainsi que des principaux dirigeants de l'Union européenne, de la commission de l'UA et des délégations de haut niveau représentants les pays et institutions partenaires.
A l'ouverture de la Conférence, le président du Niger, également président en exercice du G5 Sahel a de nouveau plaidé pour le soutien de la communauté international au G5 Sahel. Mahamadou Issoufou a en ce sens indiqué que la région du Sahel constitue une source de préoccupation non seulement pour les gouvernements des pays qui la composent mais aussi pour la communauté internationale. C'est pour cette raison que le G5 Sahel a été créé pour « mettre en œuvre de manière efficiente une stratégie de sécurité développement durable » visant, entre autres, à lutter contre le terrorisme et le crime organisé.
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A Bruxelles, le G5 Sahel est aussi parti plaider sa cause avec des ambitions revues à la baisse. Ainsi, pour ne pas placer la barre trop haut, c'est une enveloppe de 300 millions d'euros que visent l'organisation en vue de financer près de 400 projets identifiés comme stratégiques dans les 5 pays membres de l'organisation. Cette fois encore, les chefs d'Etat du G5 Sahel n'ont visiblement pas voulu revivre le scénario des 423 millions d'euros recherchés pour le budget de démarrage de la force militaire, lequel n'a pas été jusque-là bouclé.
La stratégie a visiblement payé, puisqu'avant même le début de la Conférence, plusieurs pays ont annoncé leur contribution. L'Union européenne a déjà annoncé le doublement de sa contribution avec une enveloppe de 50 millions d'euros qui viendra s'ajouter aux 50 millions déjà accordé à la FC G5 Sahel. « L'UE aidera les États du Sahel à assurer leur sécurité, lutter contre la pauvreté, l'instabilité et la migration irrégulière » a assuré le président de la Commission européenne Jean-Claude Junker.
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De son coté, la France a annoncé également 10 millions d'euros en faveur d'un projet dans le secteur de l'éducation et de la formation au Mali. D'après les premières informations qui circulent à l'entame de la Conférence, les engagements ont dépassé les 400 millions d'euros, une somme qui sera confirmé à l'issue de la rencontre.
Ce financement viendra s'ajouter aux 350 millions déjà mobilisés en faveur de la Force conjointe et devront permettre au G5 Sahel de disposer désormais des moyens de ses ambitions.
Aboubacar Yacouba Barma
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