Economie : les promesses des chefs d’Etats africains pour 2019
Maimouna Dia

présidents africains
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Maimouna Dia

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La fin de l'année est l'occasion de faire le bilan des réalisations avant de s'attaquer à de nouvelles résolutions. Les chefs d'Etats africains n'échappent pas à la règle, particulièrement en matière d'économie. Leurs discours de fin d'année sont devenus des tribunes permettant à la plupart d'entre eux de passer en revue leurs réalisations avant de dresser leurs priorités de l'année suivante. Avec plus ou moins de détails, une dizaine de chefs d'Etats ont promis pour 2019, des investissements massifs dans l'électricité, l'agriculture, l'éducation, l'achèvement de gros ouvrages d'infrastructures, mais aussi de lutter contre la corruption pour maintenir ou accélérer la croissance, de réduire l'inflation et de favoriser l'emploi des jeunes.
Les présidents du Burkina Faso, de la Côte d'Ivoire, du Sénégal, du Ghana, de la République démocratique du Congo, du Gabon, du Rwanda, du Kenya, de l'Ouganda, de la Tanzanie se sont particulièrement distingués dans cet exercice.
Dans son discours à la nation, le président Alassane Ouattara a promis aux ivoiriens que le Programme Social du Gouvernement, à entamer début 2019, abordera toutes les problématiques sociales avec beaucoup plus d'ampleur et de pragmatisme, afin de garantir à tous, des résultats immédiats et durables autour de cinq orientations.
Il s'agit de fournir aux populations, des services de santé de proximité, et d'améliorer la protection sociale. Ensuite, il prévoit de renforcer les conditions d'accès et de maintien à l'école des enfants de 6 à 16 ans, notamment les jeunes filles, et d'améliorer les conditions d'étude et de vie des étudiants. Un volet sera consacré à l'accès des populations aux logements, à l'eau potable, à l'énergie, au transport, aux biens de grande consommation, d'accroître l'accès des jeunes ainsi que des femmes, à des revenus et à un emploi décent et stable.
A moins de deux mois des élections présidentielles de 2019, le président Sénégalais a profité du traditionnel discours à la nation du 31 décembre pour dresser le bilan de ses réalisations, avant d'égrener un chapelet de mesures pour maintenir le cap de la croissance économique.
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Ainsi, le chef de l'Etat a annoncé l'inauguration de la 2ème section de la VDN et des tronçons autoroutiers autour des nouvelles villes et zones économiques (AIBD-Thiès et AIBD-Mbour), dès janvier qui seront suivis du lancement du projet d'autoroute reliant l'ouest au centre du pays. Aussi, en plus des 13 ponts déjà construits, le Sénégal devrait s'enrichir d'autres ponts en construction à Foundiougne, Marsassoum, Fanaye, Wendou Bosséabé et Ganguel Souleh. Le chef de l'Etat va ainsi inaugurer ce 21 janvier, le pont sur le Fleuve Gambie, après avoir réceptionné le 14 janvier, le Train Express Régional, d'une capacité de transport de 115 000 passagers par jour.
D'importants travaux sont également prévus en 2019 dans les domaines de l'eau, de l'éducation, de l'élevage, de la pêche, de l'agriculture, du tourisme, de l'économie numérique et de l'électricité.
Alors que le pays est encore sous le choc des attaques terroristes qui l'ont secouées, le Président burkinabé a dans son discours à la nation insisté sur le programme sécuritaire de 2019, avant de parler économie. Face à la nation, le président Roch Marc Kaboré a vanté le succès du premier forum de la diaspora burkinabè qui a permis de poser les jalons d'une réelle prise en compte de ses compatriotes vivant à l'extérieur dans le processus de développement.
Ces reformes devraient permettre d'améliorer les performances des secteurs public et privé dans la mise en œuvre des plans et programmes de développement.
En convalescence au Maroc, le président gabonais s'est néanmoins plié au traditionnel discours de fin d'année. S'exprimant brièvement sur le programme économique de 2019, Ali Bongo a promis d'améliorer les conditions de vie de ses compatriotes.
Le président Gabonais a ensuite promis de mettre toute son énergie et toutes ses forces au service de son pays et à l'amélioration des conditions de vie au quotidien.
A la veille des élections présidentielles, dans son discours à la nation, le président congolais Joseph Kabila a relevé les nombreux défis sociaux et sécuritaires traversés par le pays, auxquels s'ajoutent ceux économiques. Il estime que ces défis sont liés à la baisse des cours mondiaux des matières premières à laquelle son pays a fait face avec depuis 2017.
Au peuple kényan, le président Uhuru Kenyatta promet une continuité dans la lutte contre la corruption en 2019, des réformes politiques et de la gestion des finances publiques.
En 2019, il promet également des mesures concrètes afin de dynamiser la croissance des entreprises. « Nous explorerons les politiques à tous les niveaux de gouvernement, y compris la fiscalité, les réglementations, l'accès au crédit et les mesures vous permettant d'adopter les technologies modernes afin d'améliorer votre productivité et votre compétitivité », a-t-il ajouté.
En combinant le programme "Big Four Agenda" avec l'autonomisation des petites entreprises et les réformes de l'enseignement, ainsi que les politiques renouvelées d'union et de lutte contre la corruption, le pays veut réaliser les objectifs socio-économiques de sa Vision nationale 2030.
Face aux ghanéens, Nana Akufo Addo a d'abord promis une année 2019 faisant la part belle aux systèmes de santé du pays. Ensuite, après avoir salué les performances de son pays dans le secteur agricole, Akufo Addo a énuméré des mesures radicales pour mettre en place des infrastructures agricoles solides. Il promet aussi de s'attaquer au déficit du secteur éducatif avec notamment l'aide du Fonds fiduciaire pour l'éducation du Ghana doté d'un budget de 1,5 milliard de dollars.
Le processus d'industrialisation du pays sera ainsi accéléré en 2019, selon Nana Akufo Addo. Aussi, le président promet de poursuivre les enquêtes sur les faillites de sept banques, qui peuvent donner lieu à des poursuites éventuelles de la part des organismes publics ghanéens compétents.
Pour une bonne partie des tanzaniens, 2019 sera l'année de la réforme économique. Dans son message à la nation du Nouvel An, le président John Magufuli a plaidé pour la solidarité, la paix, l'unité et a appelé les Tanzaniens à s'acharner au travail.
« Je crois que l'économie va se développer en 2019, mais nous devons maintenir la paix et devenir patriotes grâce à un travail ardu », a-t-il déclaré. Un message s'adressant aux fonctionnaires, mais aussi à toutes les catégories socioprofessionnelles du pays à qui il a explicitement demandé de redoubler d'efforts.
Dans son discours à la nation, le président ougandais Yoweri Museveni a d'abord rendu hommage à toutes les personnes qui ont perdu la vie en 2018. Une bonne partie de son discours a ensuite porté sur l'économie, le développement de l'emploi des jeunes, l'élimination de la criminalité et la promotion de la discipline politique.
Autres sujets évoqués par Museveni ont été l'intégration régionale, la corruption, mais aussi de la création de richesse à travers le développement du secteur de l'agriculture en 2019.
Au Rwanda où la plupart des indicateurs économiques sont au vert, le président Paul Kagame a encouragé le peuple à continuer de travailler en symbiose pour maintenir le pays sur la voie du développement en 2019. « Certains voisins tentent de raviver la menace des guerres. Cela entrave des progrès par ailleurs satisfaisants dans l'intégration de l'Afrique de l'Est ainsi que dans la sécurité régionale », a-t-il averti.
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Le Président Kagame qui a rappelé les belles performances économiques de son pays en 2018, a de la même manière évoqué les projets phares de 2019 dans le domaine industriel, agricole, des nouvelles technologies entre autres. Il a ainsi exhorté les Rwandais à rester vigilants et de ne pas se relâcher.
Maimouna Dia