L'efficacité énergétique, mauvaise élève du paquet énergie-climat européen

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À l'occasion du sommet européen sur l'énergie, ce vendredi à Bruxelles, le retard des Vingt-Sept en matière de réduction de la consommation est pointé du doigt.

C'est une bonne chose en soi qu'il y ait un sommet européen dédié à l'énergie. » C'est du moins l'opinion de Barbara Sellier, de la direction Énergie de la Commission européenne, qui s'exprimait, mardi, devant des représentants de l'Assemblée des régions d'Europe (ARE) et des cadres de General Electric, lors d'un colloque sur les réseaux intelligents (« smart grid ») organisé par le géant américain dans ses bureaux de Bracknell (Angleterre).

L'enjeu du sommet de ce vendredi est celui de la dépendance énergétique de l'Europe, notamment au gaz russe. Certes, de nouveaux pipelines devraient contribuer à la réduire, tels que le projet Nabucco prévu entre l'Iran et l'Europe centrale, soutenu par l'Union européenne. Mais de nombreuses voix s'élèvent pour prôner une plus grande ambition en matière de maîtrise de la consommation. Si l'objectif européen d'efficacité énergétique était réellement atteint, cela permettrait précisément d'éviter la construction de 15 Nabucco. C'est l'argument invoqué par le Parlement européen pour demander que cet objectif (20 % de consommation d'énergie en moins en 2020 en comparaison de 1990, par rapport à un scénario « business as usual », qui suivrait l'évolution actuelle) devienne juridiquement contraignant, au même titre que ceux concernant la diminution des émissions de CO2 (? 20 %) et la part des énergies renouvelables dans le mix énergétique (20 %).

Pour l'heure, les mesures aujourd'hui en place ne permettraient, selon une étude de la banque HSBC, de réduire la consommation que de 9 %. « C'est un objectif complexe à mettre en oeuvre, qui concerne 210 millions d'immeubles européens, reconnaît Nick Robins, analyste responsable du changement climatique au sein de HSBC. Mais ce n'est pas une raison pour ne pas en faire un objectif politique majeur. »

Certification commune

Plusieurs États membres, dont la France et l'Angleterre, ont déjà adopté des mesures sur l'affichage de la performance énergétique des bâtiments et des voitures. À l'échelle européenne, plusieurs produits (bouilloires, systèmes de climatisation, réfrigérateurs et ordinateurs) vont prochainement être soumis à des standards de consommation énergétique plus exigeants, et de nouveaux équipements domestiques et industriels seront concernés. Un système commun de certification à l'échelle européenne devrait également être adopté pour tous les bâtiments non résidentiels.

Mais en dépit des pressions des élus Verts et de nombreux experts, l'heure ne semble pas à la contrainte sur les États membres. Ce sommet devrait néanmoins être suivi de la publication, le 10 mars prochain, d'un projet en vue de la préparation d'un nouveau plan d'action en matière d'efficacité énergétique et, peut-être, d'un cadre pour une directive dédiée au cours de l'été 2011.

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