Pourquoi Airbus a choisi l’offre cloud de Scaleway pour héberger ses données critiques

Airbus numérique cloud
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Cet été, le nom du vainqueur de l’appel d’offres d’Airbus en matière de cloud souverain était sans doute moins attendu que celui de la Coupe du monde de football. Mais pour l’avionneur, il marque pourtant une étape considérable et l’aboutissement d’une sélection de haute volée qui s’est déroulée six mois durant.
Le groupe a annoncé, jeudi 16 juillet, avoir finalement opté pour Scaleway – appartenant au groupe français de télécommunication Iliad – pour assurer le stockage de ses données critiques. Ni le montant ni la durée du contrat n’ont été communiqués.
En janvier dernier, Airbus avait initié un appel d’offres en vue de trouver le partenaire en mesure d’héberger les données critiques, liées notamment à ses travaux de R&D, à ses contrats avec ses clients et ses fournisseurs, ou bien encore à la cybersécurité.
Jusque-là hébergées sur ses propres serveurs au niveau de ses principaux sites mondiaux, ces données doivent pour bonne part être transférées dans le cloud. Le groupe est en effet poussé dans ce sens par les fournisseurs de données logicielles, qui y voient matière à simplifier les mises à jour.
Airbus a ainsi passé en revue une cinquantaine de manifestations d'intérêt. Parmi les entreprises consultées, selon nos informations : Scaleway donc, mais aussi OVHcloud, Cloud Temple, Schwarz, Ionos, T-Systems, Outscale, SAP, Numspot, Thales et Google (S3NS), Orange, Capgemini et Microsoft (Bleu), AWS ESC, UpCloud ou bien encore Exoscale… Puis Airbus a évalué plus précisément une dizaine d’acteurs, pour finalement n’en retenir que quatre en bout de course, soumis à des tests concrets de performance.
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« Le choix s'est porté sur Scaleway pour sa conformité aux réglementations européennes et sa protection contre les lois extraterritoriales, ce qui constitue un point crucial face aux tensions géopolitiques actuelles », précise Catherine Jestin, directrice du numérique chez Airbus.
Le groupe cherchait en effet à héberger ses données critiques sur le sol européen via une entreprise de droit européen. Et ce pour éviter de s’exposer à des saisies de données de la part de pays tels que les États-Unis et la Chine, de plus en plus enclins à étendre leur influence au-delà de leurs frontières.
Airbus s’assure avec Scaleway de bénéficier d’une continuité de services dans l’accès à ses données critiques. Pour l’avionneur, ce partenariat avec ce fournisseur de services cloud et d’infrastructures d’intelligence artificielle (IA) s'ajoute à d'autres rapprochements récents avec des acteurs européens dans le domaine du numérique, tels que les français Mistral (IA) et Bull (calcul hautes performances), ainsi que le suédois Ericsson (5G privée).
À l’heure actuelle, Airbus exploite quelque 6 000 applications informatiques. Environ 30 % de ces applications sont déjà hébergées dans des clouds publics mais sécurisés, telles que Google Meet, Salesforce ou bien encore Skywise. Airbus vise une approche hybride dans le stockage de ses données, consistant à la fois à se tourner vers des clouds publics, pour les données non critiques, et des clouds souverains pour les données sensibles.
Avec Scaleway, l’avionneur espère faire migrer environ 70 applications critiques d’ici 18 à 24 mois et 900 à terme, soit 5 à 6 ans. Un temps évoqué, le possible recours à un deuxième prestataire est désormais mis de côté, l’offre de Scaleway couvrant l’ensemble des besoins. « Les équipes de Scaleway ont respecté scrupuleusement leur feuille de route technique lors des tests, ce qui a été un facteur de confiance déterminant pour Airbus », ajoute Catherine Jestin.
Pour Scaleway, la sélection par Airbus s’inscrit en plein dans l’inflexion stratégique récente de l’entreprise. « Notre positionnement a été revu il y a trois ans avec notamment un accent mis sur la souveraineté européenne grâce à une immunité totale vis-à-vis des lois extraterritoriales garantie par l'absence d'actionnaires, d'employés ou de filiales hors de l'Union européenne », assure Damien Lucas, le directeur général de Scaleway.
Alors que la société investit dans la puissance de calcul, elle se concentre sur les gros contrats. Récemment, elle a décroché l’hébergement du Système national des données de santé au nez et à la barbe de Microsoft. Alors qu’elle fait partie des acteurs retenus par la Commission européenne pour la fourniture de cloud souverain destiné aux institutions européennes, le géant du luxe LVMH lui a également donné sa confiance.
Pour autant, Airbus souligne l’aspect compétitif de l’offre de Scaleway. « Contrairement aux idées reçues, la souveraineté n'est pas forcément plus coûteuse, tient à préciser Catherine Jestin. Scaleway a démontré qu'un service souverain pouvait en effet être compétitif financièrement par rapport à un cloud non souverain. » Pour Airbus, Scaleway aura su joindre l'utile à l'agréable.