Sommet économique du Grand Sud : infrastructures, le miracle économique ?

Pascal Rabiller

Pascal Rabiller
Six ans de travaux, 6 Md€ d'investissement, 1 Md€ sous-traités aux entreprises locales, 9.000 personnes mobilisées au plus fort du chantier, 302 km de ligne, des dizaines d'ouvrages d'art, dont un spectaculaire viaduc au-dessus de la Garonne... les chiffres qui l'accompagnent expliquent sans doute qu'on ait un peu trop facilement la tentation de résumer les grands projets d'infrastructures dans le périmètre de la future grande région Aquitaine, Poitou-Charentes et Limousin au seul chantier pharaonique de Ligne à grande vitesse (LGV) qui sera mise en service en juillet 2017 et qui mettra Paris à 2 h 05 de Bordeaux.
D'un point de vue économique, il va de soi qu'il existe une corrélation entre les flux des transports, et donc les infrastructures qui le permettent, et le développement économique d'un territoire et de ses entreprises. C'est en tout cas, dans le discours, ce qui guide l'action de Laurent Cavrois, président de Lisea, société concessionnaire de la ligne à grande vitesse. "Nous devons en faire un outil de compétitivité !"
Mais en pleine préparation de l'exploitation de cette ligne avec son "client" SNCF, Lisea reconnaît que, pour le moment, il "existe un écart d'ambition entre nous et la SNCF pour le moment...", lâchait Laurent Cavrois, interrogé par le journaliste de La Tribune - Objectif Aquitaine, Jean-Philippe Dejean, sur les prévisions de trafic des trains annoncées par la SNCF, qui sont en retrait par rapport à l'attente de Lisea... Au point, peut-être, de remettre en cause son modèle économique ?
Si l'on évoquait, il y a peu encore, la possibilité de voir près d'une trentaine d'aller-retour entre Paris et Bordeaux dès l'ouverture de la ligne à grande vitesse, il semble que la proposition soit plutôt de 12 à 15 liaisons directes du côté de la SNCF.
Les discussions sont animées entre les deux acteurs principaux de cette infrastructure, le dialogue ne semble pas rompu concernant la prolongation de la ligne à grand vitesse via les lignes Bordeaux et Toulouse et Bordeaux - Hendaye selon Pierre Dartout, le préfet de région.
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Un préfet qui souligne aussi que dans le cadre du dernier contrat de plan Etat - Région "que la région Poitou-Charentes a signé, et qui sera bientôt signé avec les deux autres régions Aquitaine et Limousin, une enveloppe d'investissement de 2 Md€ est programmée, dont 1 Md€ pour la seule région Aquitaine".
Une manne très attendue par la filière des travaux publics. "Nous sommes dépendants, à 70 % au minimum, de la commande publique. Or, depuis trois ans, celle-ci a considérablement faibli, entre - 20 et - 40 % selon les départements", explique Christian Surget, président de la FRTP Aquitaine, qui recense 450 entreprises et 17.000 salariés aujourd'hui, "contre 20.000 il y a trois ans", assure-t-il.
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