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Infrastructures - La Tribune Bordeaux

Nouvelle-Aquitaine : portée par un trafic en hausse, la SNCF intensifie ses investissements

Photo de Pierre Cheminade

Pierre Cheminade

Publié le 14 janvier 2019 à 12:05 - Mis à jour le 13 décembre 2024 à 00:05

LGV Bordeaux Paris inaugurée

LGV Bordeaux Paris inaugurée

Agence Appa

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Malgré la grève du printemps dernier, le nombre d'usagers du train en Nouvelle-Aquitaine a augmenté de 9 à 10 % en 2018, selon la SNCF, tandis que le trafic avec l'Ile-de-France a progressé de 11 %. Une croissance très dynamique qui s'accompagne d'investissements en forte hausse cette année à 480 M€ (+46 %) pour mener 150 chantiers dans toute la région. Parallèlement, l'entreprise se prépare à l'ouverture à la concurrence qui interviendra de 2019 à 2022 vers Nantes, Bruxelles ou encore Londres.

Plus de 6 millions de voyageurs ont emprunté la nouvelle ligne à grande vitesse en 2018 pour effectuer le trajet entre la Nouvelle-Aquitaine et l'Ile-de-France, soit une hausse de 11 % par rapport à 2017, année de mise en service de cette nouvelle infrastructure qui place Paris à 2h04 de Bordeaux. Dynamisée par une politique de "petits prix" qui a concerné 40 % des voyages, cette croissance bénéficie à la desserte de Bordeaux (+20 %) mais également de Pau (+16 %), d'Angoulême (+16 %) et de la côte basque (+11 %), précise la direction régionale de la SNCF qui présentait le bilan de son activité, ce lundi 14 janvier.

Des objectifs ambitieux

Et la nouvelle LGV n'est pas la seule à enregistrer une forte croissance. "Malgré le long conflit social du printemps 2018 [37 journées de grève entre le 22 mars et le 28 juin 2018, NDLR], le trafic régional devrait connaître une hausse de 9 à 10 % sur l'ensemble de l'année, notamment grâce à la politique tarifaire volontariste de la Région. C'est l'une des plus fortes croissances enregistrées au niveau national et c'est très encourageant", observe ainsi Philppe Bru, le directeur régional de SNCF Mobilités qui vise une progression à deux chiffres du nombre de voyageurs en 2019 :

"Nous avons amélioré notre régularité et notre qualité de service et nous allons continuer à le faire pour répondre à la très forte demande de train que nous constatons tant de la part des usagers que des collectivités locales. Nous devrions signer au premier trimestre le protocole d'accord avec la Région Nouvelle-Aquitaine qui fixe des objectifs très ambitieux de croissance - les plus élevés de France - et de régularité."

Ce document de cadrage du réseau TER prévoit notamment 95 % de ponctualité en 2024, une baisse de 30 % de trains supprimés à cause de l'opérateur, une hausse de entre 5 et 8 % de l'offre et une remise à plat des horaires. Le tout avec une baisse de 10 % des charges et une hausse de 24 % des recettes.

480 M€ d'investissements dans le réseau

Mais pour augmenter le nombre de voyageurs comme la régularité, encore faut-il que les trains puissent rouler convenablement sur les 3.560 km de voies ferrées de Nouvelle-Aquitaine. C'est tout l'objet des très nombreux chantiers engagés par la filiale SNCF Réseau, responsable de la gestion et de l'entretien des voies. "Nous avons réalisé en 2018 l'intégralité du programme d'investissements de 330 M€ avec notamment 60 M€ pour le renouvellement des voies entre Pau et Tarbes ainsi que les chantiers entre Saintes et Royan et sur la partie sud de Limoges-Poitiers", s'est félicité Alain Autruffe, le directeur régional de SNCF Réseau.

Et l'objectif est désormais de nettement accélérer la cadence avec 480 M€ d'investissements programmés pour 2019, en hausse de 46 %, dont 320 M€ financés par SNCF Réseau et le reste par l'Etat, le Conseil régional et d'autres collectivités locales. Cela permettra de mener 150 chantiers tout au long de l'année dont notamment la rénovation - grâce à des trains usines capables de rénover 1.000 mètres par jour - des tronçons Morcenx / Dax (135 M€), Libourne / Bergerac (83,8 M€), Limoges / Fromental (51,3 M€), La Souterraine / Le Palais-sur-Vienne (37,4 M€) et Poitiers / Vivonne (17,7 M€).  "Tout cela représente 50 euros par habitant de la Nouvelle-Aquitaine et un niveau record pour la région qui permettra aussi de mettre en accessibilité cinquante gares supplémentaires dont Marmande, Agen, Angoulême ou encore La Rochelle", précise Alain Autruffe, le directeur régional SNCF Réseau.

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Bordeaux-Nantes, Bordeaux-Bruxelles, Bordeaux-Londres

Parallèlement, se profile à un horizon désormais tout proche l'ouverture à la concurrence du marché de transport des voyageurs qui s'étalera progressivement de 2019 à 2022. En clair, SNCF Réseau pourra être amenée à faire circuler sur ses voies des trains opérés par d'autres transporteurs que SNCF Mobilités. Preuve que les lignes bougent, l'Etat a annoncé le 9 janvier dernier avoir engagé la procédure de mise en concurrence pour deux lignes Intercités dont la liaison Nantes-Bordeaux. La procédure d'appel d'offres interviendra en 2020/2021 avec l'objectif d'un début d'exploitation en 2022. "Cette décision est la suite logique de la réforme ferroviaire votée l'an dernier et soyons clair : la SNCF sera candidate à sa propre succession pour conserver l'exploitation de cette ligne. Il nous faut aller chercher du trafic, améliorer la qualité de service, diminuer nos coûts et être toujours plus innovant", réagit Michel Knipper, le directeur régional Intercités.

SNCF Réseau et sa filiale à 100 % Gares & Connexions, en charge de la gestion et du développement des gares, se préparent donc à l'accueil de nouveaux opérateurs ferroviaires dans les années qui viennent. Dès le 29 juin 2019, un aller-retour hebdomadaire direct en Thalys sera proposé entre Bordeaux et Bruxelles en 4h.

Dans quelques années, c'est aussi une liaison directe avec Londres en 4h30 qui est évoquée. Le chantier est plus complexe puisque le Royaume-Uni  n'est pas membre de l'Espace Shengen et est en passe de quitter l'Union européenne. Cela pose d'importants contraintes en termes de douanes et de sécurité qui nécessitent des aménagements importants en gare de Bordeaux. Une étude sur le sujet doit être finalisée à la fin du mois.

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RER Métropolitain à Bordeaux : oui, mais

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La Région Nouvelle-Aquitaine et Bordeaux Métropole ont adopté en décembre 2018 une délibération identique pour exiger la réalisation d'un réseau express régional fondé sur une relance des TER et la création de lignes ferroviaires traversant l'agglomération sans rupture de charge, notamment Libourne/Arcachon et Saint-Mariens/Langon. Cela passera aussi par la réouverture de la gare du Bouscat fin 2021 et de celle de Talence Médoquine en 2023. Autant d'évolution nécessitant le feu vert et le soutien actif de SNCF Réseau. "La Métropole et la Région présentent un front commun face à SNCF Réseau qui est une citadelle difficile à convaincre", avait souligné Alain Juppé, le maire de Bordeaux.
Du côté de SNCF Réseau, Alain Autruffe assure que "cet énorme chantier, dont la mise en œuvre se fera progressivement par étapes sur une dizaine d'année, est parfaitement dans nos stratégies." Cependant, le directeur régional énumère aussi les nombreux obstacles techniques : "On soutient les collectivités mais il faut rappeler que ce réseau n'est pas dédié à la desserte de proximité et doit aussi permettre le trafic des grandes lignes, des lignes interurbaines et des marchandises. Tout cela est très complexe et une fois qu'on a fait les arbitrages il faut être capable d'assurer une qualité de service. Cela posera aussi la question du matériel utilisé qui n'est pas non plus adapté à la proximité."
Son collègue de SNCF Mobilités se montre un peu plus optimiste : "Il y a une attente très forte de la population et des collectivités sur ce projet et il y a clairement une demande de plus d'offre ferroviaire. Il faut commencer par travailler sur les sujets qui ne coûtent pas trop cher comme les synergies avec TBM dans les 17 gares que compte la métropole, la diamétralisation des lignes sans rupture à Bordeaux ou encore la mise en place de nouveaux sillons." Philippe Bru espère ainsi avoir des évolutions concrètes pour la fin 2020.

Pierre Cheminade

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