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Infrastructures - La Tribune Bordeaux

Les habitants de Bordeaux Métropole plus économes en eau

Ophélie Arraud

Publié le 13 juin 2019 à 07:10 - Mis à jour le 05 mars 2026 à 13:05

Le réservoir situé rue Paulin, à Bordeaux, peut contenir 13.000 m3 d'eau potable pour un surface au sol de 6.500 m2.

Le réservoir situé rue Paulin, à Bordeaux, peut contenir 13.000 m3 d'eau potable pour un surface au sol de 6.500 m2.

O. Arraud / La Tribune

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Avec une moyenne de 152 litres d'eau par jour et par personne, les habitants de la métropole bordelaise ont diminué de dix litres leur consommation quotidienne d'eau par rapport à 2009, selon les chiffres de la collectivité. Cette économie d'eau a atténué l'effet de la croissance de la population, qui aurait dû alourdir le bilan de la consommation.

Depuis 2009, la population de la métropole de Bordeaux ne cesse d'augmenter passant de 682.790 à 748.381 habitants en 2018, soit une hausse de près de 10 %. De ce fait, la pression sur les ressources en eau aurait dû suivre peu ou prou la même tendance. Mais Bordeaux Métropole constate une baisse de la consommation d'eau par jour et par habitant : 152 litres en 2018 contre 162 litres en 2009. Si bien que, toujours selon les chiffres de Bordeaux Métropole, présentés ce 11 juin en marge d'une visite du réservoir de la rue Paulin, 51,25 millions de m3 d'eau on été produits l'an dernier, contre 51,17 millions de m3 en 2009, soit une hausse de seulement +0,2 %.

Industriels, collectivités, particuliers

Ce constat paradoxal serait dû à la conjonction de trois phénomènes selon Nicolas Gendreau, le directeur de l'eau chez Bordeaux Métropole. Tout d'abord, les industriels seraient « plus attentifs à leur consommation d'eau dans leur processus de fabrication », ensuite les collectivités se sont efforcées d'être plus soucieuses dans la distribution de l'eau au sein des espaces publics et, enfin, les efforts des ménages et des particuliers ont également payés.

Les campagnes menées pour la préservation de l'eau ont contribué à la prise de conscience collective et aux changements de certaines habitudes consommatrices d'eau notamment dans le choix de nouveaux produits électroménagers moins gourmands en énergie. « Entre 2009 et 2018, on a mis en distribution la même quantité d'eau pour les usages des uns et des autres (...) Toutes ces démarches concourent à la protection de la ressource », affirme ainsi Nicolas Gendreau.

L'eau sur écoute

L'amélioration du système de distribution de l'eau par la limitation des fuites est aussi l'une des raisons de cette stabilisation. Bordeaux Métropole dispose sur son territoire de plus de 3.200 km de canalisations et plusieurs débitmètres sont placés le long du réseau afin de mesurer la quantité d'eau qui circule, spécialement la nuit où la consommation des ménages est moindre. Pour repérer les fuites, 1.000 capteurs acoustiques fixes - dits « oreilles » - ont été disposés sur la toile de canalisation depuis 2011. Ce système « permet de trouver jusqu'à 700 fuites par an », selon Max Dubanchet, responsable énergie et performance hydraulique chez Suez Eau France. Il affirme que ce dispositif limite ainsi la déperdition d'eau liée à ces fuites, qui est passée ces dernières années de 21 % à 16 %. Et l'exploitation de ces "oreilles" a encore été renforcée en 2016 avec la mise en place de 6.000 capteurs mobiles supplémentaires.

Changement climatique

Néanmoins cette économie d'eau pourrait être vite éclipsée par les impacts du changement climatique selon Jean-Pierre Turon, conseiller métropolitain en charge de la préservation de la ressource en eau. "Une hausse de la température d'un degré par exemple, engendrerait une hausse d'environ 1,6 % de la consommation d'eau ! », explique-t-il, en s'appuyant sur le rapport AcclimaTerra, qui a dressé les impacts du changement climatique en Nouvelle-Aquitaine en mai 2018.

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« La région sera concernée par la dureté des sécheresses, des inondations » dans les prochaines années relève le conseiller. Concernant l'eau, il y aura une baisse « sur le plan quantitatif et des dégâts sur le plan qualitatif dans un contexte démographique particulièrement important ».

« On a la chance en Nouvelle-Aquitaine d'avoir ces ressources-là (...) la tentation serait la surexploitation de ces eaux souterraines auquel cas on se tirerait une balle dans le pied. Même si ces eaux souterraines sont mieux protégées cela ne veut pas dire qu'elles n'ont aucune vulnérabilité »,insiste Jean-Pierre Turon.

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Bien que des efforts de toutes parts ont permis de faire des économies en eau, elles ne pourront pas compenser le poids de la démographique ascendante de la métropole de Bordeaux sur le long terme. Des questions comme la réutilisation des eaux usagées, la tarification ou encore la ponction de ressources en eau extérieures à la métropole, notamment dans le Médoc, doivent être débattues sur fond de réchauffement climatique.

Ophélie Arraud

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