Aéroport de Bordeaux : feu vert pour le plan stratégique de 169 M€
Pierre Cheminade

Pour la première fois, le conseil de surveillance de l'aéroport a fléché 20 % de ses investissements vers le développement durable.
Aéroport de Bordeaux Mérignac
Pierre Cheminade

Pour la première fois, le conseil de surveillance de l'aéroport a fléché 20 % de ses investissements vers le développement durable.
Aéroport de Bordeaux Mérignac
"Offrir aux territoires une desserte aérienne adaptée et optimisée, en visant la réduction des nuisances et émissions des gaz à effet de serre et l'innovation". Cet objectif, fixé par le Schéma régional d'aménagement, de développement durable et d'égalité des territoires et repris à son compte par l'Aéroport de Bordeaux Mérignac, est une gageure pour cette plateforme aéroportuaire dont le trafic explose ces dernières années. Avec 6,8 millions de passagers en 2018, Bordeaux Mérignac affiche un trafic en hausse de 9 % et ne cesse d'accroître le nombre de dessertes, pour atteindre plus d'une centaine de destinations desservies tout au long de l'année quasi-exclusivement en Europe. La tendance 2019 est de +10 % et la barre des 10 millions de passagers devrait être atteinte dès 2023, démultipliant ainsi mécaniquement kilomètres parcourus et émissions polluantes.
A défaut d'avoir la main sur la consommation de kérosène des avions qui font vivre l'aéroport et sans renoncer à ses projets d'extension, le conseil de surveillance a néanmoins acté, le 17 décembre dernier, une inflexion de son activité pour tendre vers une exploitation qualifiée "d'éco-responsable". Objectif : atteindre la neutralité carbone avant 2030. Pour y arriver, l'aéroport va flécher vers des dépenses de développement durable jusqu'à 20 % du plan d'orientation stratégique 2019-2023 d'un montant de 169 M€, soit une grosse trentaine de millions d'euros sur cinq ans.
C'est l'organisme Airport carbon accreditation qui sera ainsi chargé d'évaluer et, le cas échéant, de certifier en 2023 l'action de réduction des gaz à effet de serre déployée par l'aéroport girondin.
Toute l'exploitation de la plateforme aéroportuaire va donc être retouchée pour réduire la consommation d'énergie. "L'aéroport s'engage à réduire ses émissions de GES et de polluants atmosphériques de 37 % d'ici 2023", précise le conseil de surveillance qui entend également mieux prévenir les risques de pollutions diffuses et accidentelles des sols et des eaux. Les nuisances sonores sont aussi dans le viseur avec une révision du plan d'exposition au bruit (PEB) et du plan de gêne sonore (PGS) et un travail sur les vols nocturnes. Des panneaux solaires seront installés, le parc de véhicules de l'aéroport sera basculé en motorisation électrique ou hybride d'ici 2023 tandis qu'un timide objectif de réduction de 10 % du volume de déchets et de consommation d'eau potable par passager est fixé d'ici à 2023. Enfin, une étude de biodiversité sera lancée dès 2020.
De quoi constituer un faisceau d'ajustements et de mesures parfois quasi-cosmétiques sans retoucher au cœur du modèle de l'aéroport qui vise à accueillir toujours plus d'avions et de passagers. Et de ce côté là les projets ne manquent pas avec de nombreuses infrastructures en construction qui doivent accroître de 2.200 m2 les surfaces d'attente et de commerces :
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