À l'occasion d'une visite organisée par l'association AMO Aquitaine (Architecture et maîtres d'ouvrage), La Tribune a pu constater à la fois l'avancée et l'ampleur du chantier du pont Simone Veil, qui deviendra mi-2024 le sixième franchissement de la Garonne à Bordeaux Métropole. Ce projet lancé en 2007 a été ralenti par la rupture du marché entre la Métropole et un premier groupement d'entreprises en décembre 2018. Le nouveau groupement aux manettes, piloté par Bouygues TPRF, a redémarré les travaux en décembre 2020 et la charpente devrait atteindre la rive gauche de la Garonne à la fin du mois de janvier 2023.
Le tablier en béton sera posé en suivant d'ici à la fin du mois d'août 2023. S'en suivront ensuite neuf mois de travaux de voirie et réseau divers, d'éclairage et de paysage avant la livraison définitive de l'ouvrage espérée pour la fin du mois de mai 2024 si aucun aléas ne vient perturber le chantier. Ce serait donc avec quatre ans de retard sur le calendrier initial et un coût total pour le pont, les raccordements et les aménagements de 150 millions d'euros.
Mais le sujet du moment c'est l'avancée sur le fleuve de la charpente longue de 550 mètres et constituée de 5.800 tonnes d'acier. Ce processus, initié en mars dernier, est aussi impressionnant que millimétré et s'effectue à l'aide d'un treuil au rythme de 25 mètres par heure. Six des huit appuis en béton qui portent la charpente seront bientôt implantés dans le lit du fleuve. Chacun repose sur quatre piles et des pieux fixés à 20 mètres de profondeur pour garantir la stabilité de l'ouvrage. "Toutes les finitions profondes dans le fleuve ont été terminées fin août. La phase la plus complexe et la plus risquée est donc derrière nous", sourit Olivier Hauquin, adjoint au responsable du service ouvrages d'art de Bordeaux Métropole. La charpente est actuellement arrivée aux deux tiers de la Garonne, le long de l'estacade temporaire qui permet aux engins de chantier d'y accéder.