"Personne n'est capable de nous écouter, nous, les citoyens. Alors nous prenons les choses en main." Pour les habitants d'Amédée Saint-Germain, à proximité de la gare de Bordeaux, la période des conciliations est terminée. Leur quartier, totalement métamorphosé par l'Opération d'intérêt national (OIN) Bordeaux Euratlantique, constitue l'un des points de crispation entre les parties prenantes du projet d'aménagement.
En cause, des bâtiments jugés trop hauts, des implantations de bureaux peu adaptées au monde du télétravail et, surtout, des carences en espaces verts. Un manque particulier dont les habitants ont alerté dès 2020. Et qui a poussé la municipalité et son maire Pierre Hurmic à demander l'arrêt des travaux en avril 2021 suite à une concertation publique. C'est à la suite d'une nouvelle phase de consultation, volontairement initiée du 1er au 17 mars dernier par l'Établissement public d'aménagement (EPA) Bordeaux Euratlantique, que le collectif Amédée Sacré-Coeur s'est réuni ce 2 juin. Et pointe toujours "un projet qui correspond au XXe siècle" comme le définit l'un des membres.
A travers la récente consultation du public conduite par l'EPA, à laquelle 945 personnes ont participé, quatre scénarios différents d'aménagement ont été soumis aux habitants. Ils proposaient des variantes autour de l'implantation d'immeubles de 11 étages et d'un parc d'1,2 hectare sur le secteur Amédée Sud. Une zone où, jusqu'ici, rien n'était prévu en termes d'espaces verts. Pourtant, pour les membres d'Amédée Sacré-Coeur, cette surface est insuffisante. Le collectif réclame un parc de 2 hectares minimum sur le secteur Sud d'Amédée Saint-Germain, l'un des trois secteurs de ce quartier d'une dizaine d'hectares. Sans quoi le tribunal administratif serait saisi pour des motifs urbanistiques, sociaux et environnementaux que les habitants n'ont pas souhaité révéler. Le collectif indique à La Tribune vouloir contester "tout acte administratif qui ne respecte pas le droit de la population à vivre dans un environnement non-dégradé et qui ne mette pas en danger la santé des habitants".