La mairie de Bordeaux a retenu le groupe parisien Everwatt pour solariser la base sous-marine. Avec 13.200 m2 de panneaux, le projet va constituer un défi technique et un essai à grande échelle pour le déploiement d'une centrale photovoltaïque en autoconsommation collective en zone urbaine.Il y aura bien des panneaux solaires sur la base sous-marine de Bordeaux d'ici la fin du mandat municipal. Le maire de Bordeaux Pierre Hurmic a révélé ce 12 septembre le nom de l'entreprise retenue pour couvrir les toitures du navire de béton situé au nord de la ville. C'est donc le développeur Everwatt, basé à Paris mais titulaire d'une agence à Bordeaux avec sa filiale BoucL Énergie, qui sera chargé d'installer et raccorder l'installation photovoltaïque d'ici la fin de l'année 2025.
Cette structure de production d'électricité d'une puissance de 2,9 MW pourra alimenter des bâtiments et sites du quartier Bacalan dans un rayon de deux kilomètres. De quoi produire chaque année, selon la mairie, « un peu plus de 3 GWh d'énergie, soit l'équivalent de la consommation moyenne annuelle de 600 habitants ». La fourniture se fera sous forme d'un contrat d'autoconsommation collective entre professionnels comme cela émerge dans les industries. « On veut garantir aux habitants un prix fixe et indépendant des événements géopolitiques », vise Laurent Guillemin, adjoint au maire en charge de la sobriété des équipements municipaux.
Un investissement à plusieurs millions d'euros
Le lauréat est connu mais les ambitions, elles, sont à la baisse. Quand la municipalité écologiste avait calculé un potentiel solarisable de 25.000m2, la candidature d'Everwatt table sur une première tranche de 13.200m2 de panneaux répartis sur près de 22.000m2. Il s'agit déjà d'un défi technique important puisque le toit de la base sous-marine, ordonnée par les nazis durant la Seconde Guerre mondiale, est en partie constitué de pare-bombes. Ce qui rend la surface irrégulière et nécessitera la construction d'une structure dédiée pour porter les rangées de panneaux.
Mais la société, spécialiste du solaire en toiture, a un plan. « Nous avons prévu d'installer des poteaux sur la toiture, qui vont venir s'ancrer sous les pare-bombes, expose à La Tribune Cédric Tollu, responsable du développement sud et ouest de BoucL Energie. On va essayer de diminuer au maximum le coût de l'investissement », affirme-t-il alors que le projet chiffré à plusieurs millions d'euros sera financé à 80 % en prêt bancaire et 20 % en levée de fonds. Le responsable assure que le projet sera rentable malgré l'importante mise de départ pour un projet d'une telle puissance.