Des nanorobots pour lutter contre le cancer

Gael Cérez
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Des nanorobots injectés dans le corps des patients pour les soigner plus efficacement, c'est le rêve de Samuel Sanchez, un chimiste spécialisé en nanorobotique. À Stuttgart, au sein de l'Institut Max Planck, et maintenant à Barcelone à l'Institut de Bioengineering de Catalogne, il travaille depuis 2010 sur l'élaboration de nano et microrobots destinés à la biomédecine et au traitement des eaux.
Des objets qui se déplacent tout seul, sans moteur, ni carburant ? Pour le béotien, le concept paraît presque magique. Il est, en réalité, on ne peut plus naturel. "C'est quelque chose que la nature fait depuis des millions d'années, rappelle Samuel Sanchez. Les cellules se déplacent grâce à des réactions chimiques. La question est comment : comment peut-on utiliser les nanotechnologies pour faire la même chose ?"
Après de nombreuses recherches, la réponse est apparue en 2010 sous la forme d'un tube de platine de quelques nanomètres. Plongé dans un bain d'eau oxygénée, celui-ci produit une réaction chimique, liée au platine, qui transforme alors le péroxyde d'hydrogène en oxygène. En sortant du tube, celui-ci permet au nanorobot de se déplacer "comme un réacteur d'avion". Le problème de la propulsion réglé, il restait encore à diriger les nanorobots. Samuel Sanchez et son équipe ont trouvé la solution en déposant plusieurs couches de matériaux, dont certaines magnétiques, sur le nanorobot. "Il nous suffit alors de le piloter de l'extérieur à l'aide d'un simple aimant", assure Samuel Sanchez.
Au fil de ses travaux pionniers, les nanorobots de Samuel Sanchez sont devenus plus élaborés. Se nourrissant du sucre présent dans leur environnement, ces nanorobots hybrides se dirigent à présent grâce à la chimiotaxie, un phénomène selon lequel des cellules se déplacent en fonction de certaines espèces chimiques présentes dans l'environnement ou en fonction de la température. "Une cellule cancéreuse a en effet une température différente des autres, rappelle le chercheur. Si nos nanorobots peuvent sentir cela, ils se déplaceront d'eux-mêmes vers les zones cancéreuses."
Gael Cérez
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