Le centre hospitalier universitaire s’est entouré d’industriels pour mettre au point des biomatériaux imprimés en 3D destinés à reconstruire les os de la face après une opération du cancer de la bouche.Les cancers de la tête et du cou figurent dans le Top 5 des plus fréquents chez l'homme en Europe : plus d'un quart d'entre eux sont des cancers de la cavité buccale. La chirurgie est le traitement de référence et nécessite fréquemment l'ablation d'un os du visage (mâchoire, maxillaire, palais, etc.) pour retirer la tumeur. En France, 1 300 à 2 000 procédures de ce type ont lieu chaque année. Afin de limiter les séquelles esthétiques et fonctionnelles, une reconstruction osseuse faciale est réalisée au cours de la même opération avec un os prélevé sur le corps du patient.
Cependant, l'intervention est lourde, longue (au moins huit à dix heures), comporte un risque d'échec pour 1 patient sur 10, peut entraîner des complications (infections, douleurs, cicatrisation lente) et des séquelles qui peuvent affecter l'apparence ou les mouvements. Par ailleurs, les personnes âgées ou ceux ayant des problèmes de santé, comme des maladies vasculaires ne peuvent pas tous supporter cette opération.
Bioface, un projet lancé récemment par le centre hospitalier universitaire de Toulouse, entend permettre de reconstruire tous types de patient grâce à une procédure simplifiée et adaptée à chacun. Le projet de recherche hospitalo-universitaire a plus particulièrement pour but d'améliorer la qualité de vie des personnes atteintes de cancer de la bouche, en développant un procédé chirurgical de reconstruction des os du visage qui s'appuie sur des biomatériaux innovants, dont certains imprimés en 3D.
« Bioface a l'ambition de modifier radicalement une méthode de prise en charge des patients opérés pour un cancer de la bouche. En plus de reconstruire tous les patients, le projet va limiter la durée des hospitalisations et d'utilisation des salles d'opération permettant ainsi de traiter plus de gens », explique Agnès Dupret-Bories, porteuse du projet Bioface, professeur des universités, praticien hospitalier au CHU de Toulouse et spécialiste de la reconstruction microchirurgicale.