Forum Santé Innovation : l’enjeu du transfert de technologie essentiel

Céline Lanusse

Céline Lanusse
"Santé et innovation vont être les maîtres mots de ma mandature, parce qu'il y a des enjeux cruciaux à relever : avancée en âge, évolutions technologiques, désertification médicale, appauvrissement des patients" : en ouvrant le Forum Santé Innovation, Françoise Jeanson, conseillère régionale d'Aquitaine Limousin Poitou-Charentes, en charge de la santé et de la silver économie, a rappelé les enjeux qui touchent le secteur de la santé, dont le premier est celui de l'organisation des soins, notamment à domicile, avec des hospitalisations de plus en courtes, enjeu où les progrès technologiques seront essentiels.
Parmi les autres enjeux : accompagner les progrès scientifiques qui vont obliger soignants et patients à une remise en cause profonde ; veiller à ce que les évolutions soient adaptées au patient, ce qui revient à exiger de l'efficience, dans un modèle économiquement viable ; enfin nécessité de former les professionnels de la santé et du social, notamment au numérique.
Rappelant l'ambition de faire de la région un vrai laboratoire de la santé du futur, Françoise Jeanson a rappelé les quatre priorités que sont la proximité, la formation, les innovations thérapeutiques et organisationnelles, et la prévention. Insistant sur le tissu de recherche important, la présence de grands leaders de la santé et une offre numérique exceptionnelle, Françoise Jeanson a rappelé les atouts de la région. Une région portée par sa capitale régionale, ses technopoles, ses clusters. La première session de ce Forum posait d'ailleurs la question "Quels leviers pour faire de Bordeaux une capitale européenne de la santé ?".
Au premier rang des atouts de Bordeaux, le Centre hospitalier universitaire et son écosystème : "Une magnifique entreprise de valorisation de sa compétence médicale", a témoigné Anne Ferrer, directrice des ressources financières du CHU de Bordeaux, rappelant que le triptyque soins/enseignement/recherche est un vecteur de progrès qui doit être naturel. Parmi les projets en pointe : l'Institut hospitalo-universitaire de rythmologie et modélisation cardiaque Lyric, le GIE Bordeaux Recherche clinique Accelence, première plate-forme française publique privée pour la recherche clinique à promotion industrielle, ou encore les Laboratoires d'excellence (Labex) du Programme d'investissements d'avenir comme par exemple le projet Brain (Bordeaux Région Aquitaine Initiative pour les neurosciences).
Dans cet esprit, la loi Macron, dont le décret est paru le week-end dernier, devrait également bouleverser la valorisation du savoir-faire médical du CHU. "Un vertige stratégique", témoignait Anne Ferrer, puisque les filiales sont désormais possibles pour les CHU, tout comme la prise de participation pour valoriser les brevets.
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Rappelant que l'Université de Bordeaux est la première université de province en santé, son président Manuel Tunon de Lara explique que "ce qui a changé, c'est l'ouverture entre les disciplines. On décloisonne, c'est ce qui fait l'innovation : connecter le numérique, la chimie, la médecine."
Manuel Tunon de Lara souligne que l'ouverture vers l'international est de plus en plus vraie :
Pour lui tout l'enjeu est là pour valoriser Bordeaux, ville de taille moyenne à l'échelle internationale :
Emmanuel Bussières, directeur de la politique médicale de l'Institut Bergonié, centre de lutte contre le cancer de Bordeaux, témoignait de la nécessité de s'associer de façon synergique, et de mettre en place coopération et partenariats pour tendre vers l'excellence en termes de recherche et d'innovation, citant le site de recherche intégrée sur le cancer (SIRIC) BRIO (Bordeaux Recherche Intégrée Oncologie), commun au CHU et à Bergonié :
Luc Grislain, professeur de pharmacie industrielle à l'Université de Bordeaux, membre du conseil d'administration du Groupement des industries pharmaceutiques et de santé du Sud-Ouest (Gipso), a rappelé la genèse que la création de Bertin Pharma, dont il est le cofondateur et conseiller scientifique. Cette entreprise spécialisée dans les prestations de service et la fourniture de produits pour la R&D pharmaceutique est un "exemple du rôle que peut avoir une université dans l'économie et bel exemple de spin-off". Pour lui, "la France a raté le train le train des biotechs mais l'Aquitaine s'en sort très bien", rappelant la "magnifique initiative Accelence, vitrine du savoir-faire en région".
Luc Grislain rappelle cependant qu'il "faudrait plus que des retombées locales pour les entreprises qui travaillent en recherche clinique".
Abordant la question des SATT (Sociétés d'accélération du transfert de technologies), Luc Grislain estima qu'il reste des "pistes de progrès. Il ne faut pas complexifier les relations avec les industriels. C'est souvent long, déconnecté de la réalité." L'exemple à suivre pour lui est celui de la province espagnole Euskadi qui propose "un système avec une fluidité extraordinaire entre le privé et le public".
Témoignant qu'Accelence est un dispositif original qui commence à être copié, Manuel Tunon de Lara a rappelé qu'aujourd'hui,
Pour unifier les différentes politiques en la matière, Bordeaux Métropole vient de lancer l'OIM (opération d'intérêt métropolitain) Campus Vallée Créative, dont la création vient d'être actée. L'objectif est de promouvoir des synergies entre enseignement supérieur, recherche et innovation, et développement économique, avec l'ambition d'accueillir 10.000 emplois supplémentaires dans ce secteur d'ici à 2030.
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