Enogia, micro-centrales pour macro ambition
Carole Payrau
Carole Payrau
Enogia continue à turbiner... L'entreprise marseillaise, honorée lors du concours Clean Tech 2015, conçoit depuis 2009 des micro-centrales dont la vocation est de convertir la chaleur perdue s'émanant de diverses sources en électricité, en faisant appel à une technologie nommée "Cycle Organique de Rankine", ou encore ORC. Une technologie pour laquelle "il existe différents cas d'application", explique Arthur Leroux, cofondateur de l'entreprise, avec Antonin Pauchet et Nicolas Goubet.
Alors... à quand les voitures auto-suffisantes en électricité, grâce à ce procédé ?
Si concernant les applications liées au transport, Enogia se situe davantage dans la phase amont, il en existe d'autres pour lesquelles l'entreprise est déjà entrée de plain-pied dans le développement commercial. Ainsi, elle travaille aux côtés de Véolia ou de Méthanergy...
Car les turbines Enogia ont déjà conquis le monde de la méthanisation agricole, par exemple. Notamment dans le nord-ouest de l'Hexagone et l'Ile-de-France. La géothermie figure aussi parmi les applications de ces micro-centrales, puisque la chaleur de l'eau circulant dans le sol peut également se prêter à ce procédé de conversion en électricité.
Enogia n'est toutefois pas seule sur ce marché, et compte avec deux concurrents au niveau mondial, aux Etats-Unis (Electra-Therm) et en Allemagne (Orcan). Mais l'entreprise marseillaise sait tirer son épingle du jeu en proposant des innovations uniques.
Et puis, il s'agit, aux dires d'Arthur Leroux, d'un marché colossal et encore relativement inexploré : la marge de croissance est énorme. Pour preuve, les cofondateurs d'Enogia envisagent de tripler chaque année leur chiffre d'affaires, avec un prévisionnel, pour 2016, de 3,5 M€. "Notre objectif est de vendre 50 machines, contre une quinzaine l'année dernière".
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A l'export, Enogia vise l'Europe de l'Ouest, ainsi que "toutes les zones du monde où l'électricité est chère", dans la mesure où ses turbines se prévalent d'un retour sur investissement de 2 à 4 ans, selon le modèle. "Pour l'heure, nous avons des machines dans 10 pays, dont le Brésil, la Grèce, l'Italie, la Chine, le Royaume-Uni..." Enogia réalise ainsi 35% de son chiffre d'affaires à l'international. Une levée de fonds, en cours de négociation devrait leur permettre de renforcer le développement commercial en dehors de la France via l'embauche de trois nouveaux collaborateurs. Ce qui porterait à 23 le nombre de salariés de l'entreprise.
Carole Payrau