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Enogia, micro-centrales pour macro ambition

Carole Payrau

Publié le 06 avril 2016 à 10:45

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"Cycle Organique de Rankine". Dans ces trois mots réside le secret de la technologie développée par la start-up marseillaise, passée maître dans l’art de la conversion de la chaleur en électricité.

Enogia continue à turbiner... L'entreprise marseillaise, honorée lors du concours Clean Tech 2015, conçoit depuis 2009 des micro-centrales dont la vocation est de convertir la chaleur perdue s'émanant de diverses sources en électricité, en faisant appel à une technologie nommée "Cycle Organique de Rankine", ou encore ORC. Une technologie pour laquelle "il existe différents cas d'application", explique Arthur Leroux, cofondateur de l'entreprise, avec Antonin Pauchet et Nicolas Goubet.

"Ces micro-turbines peuvent par exemple se greffer sur les boucles de refroidissement ou les échappements de véhicules de transport, tels les poids lourds, les trains diesel... ou se ménager une place dans le maritime, puisque nous sommes également en train de développer un prototype de démonstration pour le navire d'une compagnie irlandaise".

Alors... à quand les voitures auto-suffisantes en électricité, grâce à ce procédé ?

"Pour l'heure, cela tient encore de la recherche, car il faut parvenir à développer des turbines extrêmement petites, pour qu'elles puissent se greffer sans encombre à ces véhicules".

Profils variés

Si concernant les applications liées au transport, Enogia se situe davantage dans la phase amont, il en existe d'autres pour lesquelles l'entreprise est déjà entrée de plain-pied dans le développement commercial. Ainsi, elle travaille aux côtés de Véolia ou de Méthanergy...

"Nous avons des profils de clients très variés. Ce sont des opérateurs d'énergie, des centres de stockage de déchets, des stations d'épuration, des agriculteurs..."

Car les turbines Enogia ont déjà conquis le monde de la méthanisation agricole, par exemple. Notamment dans le nord-ouest de l'Hexagone et l'Ile-de-France. La géothermie figure aussi parmi les applications de ces micro-centrales, puisque la chaleur de l'eau circulant dans le sol peut également se prêter à ce procédé de conversion en électricité.

"Sur ce terrain-là, nous avons tout récemment conclu un contrat avec une entreprise d'Amérique du Sud".

Tripler le chiffre d'affaires

Enogia n'est toutefois pas seule sur ce marché, et compte avec deux concurrents au niveau mondial, aux Etats-Unis (Electra-Therm) et en Allemagne (Orcan). Mais l'entreprise marseillaise sait tirer son épingle du jeu en proposant des innovations uniques.

"C'est le cas par exemple pour notre turbine à 10 KW. Nous sommes les seuls à développer une machine à si petite échelle. Mais il s'agit, avec nos homologues américain et allemand, d'une concurrence saine, qui nous pousse toujours à nous dépasser".

Et puis, il s'agit, aux dires d'Arthur Leroux, d'un marché colossal et encore relativement inexploré : la marge de croissance est énorme. Pour preuve, les cofondateurs d'Enogia envisagent de tripler chaque année leur chiffre d'affaires, avec un prévisionnel, pour 2016, de 3,5 M€. "Notre objectif est de vendre 50 machines, contre une quinzaine l'année dernière".

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A l'export, Enogia vise l'Europe de l'Ouest, ainsi que "toutes les zones du monde où l'électricité est chère", dans la mesure où ses turbines se prévalent d'un retour sur investissement de 2 à 4 ans, selon le modèle. "Pour l'heure, nous avons des machines dans 10 pays, dont le Brésil, la Grèce, l'Italie, la Chine, le Royaume-Uni..." Enogia réalise ainsi 35% de son chiffre d'affaires à l'international. Une levée de fonds, en cours de négociation devrait leur permettre de renforcer le développement commercial en dehors de la France via l'embauche de trois nouveaux collaborateurs. Ce qui porterait à 23 le nombre de salariés de l'entreprise.

Carole Payrau

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