Alors que le gouvernement a présenté sa feuille de route pour le développement de l’intelligence artificielle en France jeudi 29 mars, la présidente de la Région Occitanie, Carole Delga, veut que son territoire rayonne dans ce domaine. Dans le même temps, le président d’IBM France, Nicolas Sekkaki, a fait une intervention à Toulouse sur le sujet. Pour lui, la peur que la machine remplace l’homme est en train de faire perdre du terrain à la France par rapport aux autres nations.Intelligence artificielle. Depuis le début des années 2010, ces deux mots suscitent de l'espoir, de l'intérêt, mais aussi de l'inquiétude. Propriété des êtres vivants, l'intelligence est en train d'être implantée dans diverses innovations technologiques comme des robots parfois pour les rendre autonomes, parfois en soutien de l'homme dans des tâches répétitives ou enfin pour améliorer le quotidien des citoyens. Une automatisation qui inquiète.
"Dès qu'on parle d'intelligence artificielle, on pense tout de suite que la machine va remplacer les hommes. Mais en restant focalisé sur cette idée, nous sommes en train de rater les véritables enjeux du sujet en France. L'IA est juste un outil qui va nous permettre de faire des choses dont nous n'étions pas capables auparavant", a expliqué Nicolas Sekkaki, président d'IBM France, lors d'un colloque sur les technosciences organisé au centre d'enseignement et de congrès de l'hôpital Purpan de Toulouse le 29 mars dernier.
Ce jour là, le président de la République, Emmanuel Macron, a présenté la feuille de route de la France pour l'intelligence artificielle, après que le député LREM et mathématicien lauréat de la médaille Fields, Cédric Villani, ait rendu le 28 mars son rapport sur le sujet. Un rapport commandé par le gouvernement en septembre 2017 et qui aura nécessité pas moins de 420 consultations.
Un institut interdisciplinaire consacré à l'IA dans la région ?
Ainsi, le chef de l'État a annoncé le déblocage d'une enveloppe de 1,5 milliard d'euros sur la durée du quinquennat pour ce sujet stratégique, dont 400 millions d'euros d'appel à projets. Emmanuel Macron veut encourager l'investissement privé dans ce domaine, avec des entreprises comme Samsung, Google, IBM ou Microsoft pour ne citer qu'elles.
Par ailleurs, le rapport Villani préconise la création "d'un réseau de recherche d'excellence dans l'IA" en permettant à des instituts interdisciplinaires répartis sur tout le territoire de voir le jour. Ces organismes seraient notamment constitués de chercheurs français et étrangers. Une proposition retenue par le président de la République qui veut faire émerger "un réseau d'instituts dédiés localisés dans quatre ou cinq endroits en France". Un arbitrage devrait donc avoir lieu pour choisir les sites d'accueil. Carole Delga, la présidente de la Région Occitanie, n'a pas tardé à faire part de son intérêt.