Pour Axel Kahn l’intelligence artificielle atteint un seuil critique

Jean-Philippe Déjean

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J. Philippe Déjean

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Axel Kahn, médecin, généticien, président honoraire de l'université Paris-Descartes, mais aussi intellectuel très connu pour ses interventions sur les questions de bioéthique, était hier en fin de journée dans l'hémicycle de l'hôtel de région Nouvelle-Aquitaine, à Bordeaux, où il a participé à une conférence-débat intitulée "Du cerveau au robot - Quelle éthique à l'ère de l'intelligence artificielle ?". Cette rencontre, animée par Bernard Broustet, était organisée par la Ligue des droits de l'Homme (LDH) Aquitaine et l'Espace réflexion éthique Nouvelle-Aquitaine (Erea).
Elle s'inscrivait dans le cadre des Etats généraux 2018 de la bioéthique et s'est déroulée en présence de Jean-Claude Guicheney, délégué régional de la LDH Aquitaine, Dominique Guibert, secrétaire général de la LDH France, et Bernard Bioulac, président d'Ere Nouvelle-Aquitaine, membre de l'Académie nationale de médecine, ex-président du Conseil général de la Dordogne.
"Mon engagement dans l'élaboration des lois de bioéthique est très ancien et remonte à 1988, j'ai été commissaire du gouvernement à l'occasion des trois révisions" a rappelé Axel Kahn. La loi de bioéthique de 2011 sur laquelle a travaillé le généticien résulte ainsi de la révision de la loi de bioéthique de 2004, qui a notamment interdit le clonage reproductif ou thérapeutique.
Rappelons que la dernière consultation organisée par le Comité consultatif national d'éthique (CCNE) s'est officiellement achevée le 30 avril dernier et qu'elle doit in fine nourrir la réflexion des parlementaires et ministres en vue de l'élaboration de la future loi bioéthique. La consultation lancée dans le cadre des Etats généraux de la bioéthique s'est appuyée sur un site Internet dédié, les débats organisés en région, les auditions, et le comité citoyen. Formé de "22 personnes représentatives" ce dernier a mis au menu deux grandes questions d'actualité : "Fin de vie et suicide assisté", "Génomique en population générale".
Si le changement de paradigme en cours vient de loin, il semble atteindre désormais un seuil critique pour l'humanité. C'est sous cet angle que l'essayiste a abordé la question de l'intelligence artificielle.
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Tout ceci avant de revenir à la question de savoir si le début du cauchemar orwellien de "1984", dans lequel le tout puissant "Big Brother" surveille tout le monde, a commencé ou s'il n'est encore qu'une probabilité.
L'essayiste ne pense pas pour autant que les médecins soient appelés à disparaître ou que, dans sa plus large acception, l'Homme ait perdu le combat contre "les machines à penser". Dans tous les cas ce ne sera pas facile et son pronostic est très réservé, parce que la notion d'inévitable, qu'il a mis sur le tapis sans vraiment la développer, va se nourrir de tropismes parfois faciles à deviner, comme la tentation des compagnies d'assurance à accumuler des informations personnelles sur leurs futurs assurés pour optimiser les bénéfices.
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La Ligue des droits de l'Homme n'était pas présente pour rien puisque la loi est appelée à jouer un rôle croissant pour protéger les citoyens contre ce type de menace. Pour autant Axel Kahn est bien convaincu que l'histoire des "machines à penser" connait une avancée que l'on pourra freiner mais sûrement pas stopper.
Jean-Philippe Déjean
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