Face au New Space, quelle stratégie pour les entreprises toulousaines ? (1/2)

Florine Galéron
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EyeSat
CNES/Emmanuel Grimault, mars 2017

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CNES/Emmanuel Grimault, mars 2017
En février dernier, le milliardaire californien Elon Musk à la tête de SpaceX a fait sensation en parvenant à envoyer dans l'espace une voiture Tesla via Falcon Heavy, qui est désormais la fusée en activité la plus puissante au monde. « Le New Space redonne au spatial la dimension de rêve qu'il avait perdu. Cette démarche est une façon d'accélérer la démocratisation de l'espace, un marché relativement fermé, mais aussi un catalyseur, une sorte de relooking bénéfique à l'écosystème dans sa globalité », estime Cédric Balty, directeur innovation et business intelligence chez Thales Alenia Space. Le New Space désigne les nouveaux acteurs du spatial qui ont émergé depuis une dizaine d'années à l'image de Space X et plus globalement les innovations technologiques traversant le secteur : constellations de petits satellites, engins tout électrique, numérisation des processus de fabrication... Toulouse, capitale européenne du spatial deviendra-t-elle le centre névralgique de ce secteur nouvelle génération ? « Le New Space a fait émerger deux grandes activités : les nanosatellites et de nombreux services utilisant les données spatiales pour l'agriculture, la surveillance du climat , de la pêche... Si beaucoup d'entreprises se sont positionnées sur les applications spatiales, Toulouse n'est pas en avance, pour ne pas dire en retard, sur le champ des nanosatellites », observe Yann Barbaux, le président du pôle de compétitivité Aerospace Valley. Les nanosatellites, ce sont ces petits satellites qui pèsent quelques kilos là où un satellite de télécommunications classique pèse généralement plusieurs tonnes. Ils peuvent être lancés dans l'espace en même temps qu'un gros appareil à coût réduit ou faire partie d'une constellation de plusieurs centaines de petits satellites.
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Selon Euroconsult, 55% des petits satellites lancés à ce jour l'ont été depuis l'Amérique du Nord. Le cabinet de conseil spécialisé dans le spatial recense à ce jour 35 projets de constellations à travers le monde (20 pour des télécoms et 15 pour l'observation de la Terre), là aussi majoritairement conçus Outre-Atlantique. «Le développement est plus rapide aux Etats-Unis en raison de la taille du marché. Il y a aussi plus de capital-risque », rappelle Pacôme Revillon, PDG d'Euroconsult. Ce contexte facilite l'accès des nouveaux acteurs à des levées de fonds pour financer leur projet. L'expert remarque aussi des modèles économiques différents des deux côtés de l'Atlantique. « Dans le New Space, il y a deux types de sociétés. Aux Etats-Unis, le modèle dominant ce sont des opérateurs de constellations qui fabriquent eux-mêmes leurs satellites de A à Z. L'autre profil que l'on retrouve davantage en Europe, ce sont des fabricants de satellites pour des tiers (opérateurs télécom par exemple). Chaque pays a une startup sur ce créneau : Isis aux Pays-Bas, Clyde Space au Royaume-Uni, GomSpace au Danemark. En France, on peut citer par exemple Nexeya », détaille Pacôme Revillon, PDG d'Euroconsult.
Florine Galéron