Ecosystème Darwin : la médiation judiciaire va-t-elle favoriser les négociations ?

Jean-Philippe Déjean

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J. Philippe Déjean

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C'est le résultat imprévisible de l'audience qui s'est tenue hier lundi au tribunal de grande instance de Bordeaux, suite aux plaintes déposées par la SAS Bastide Niel en particulier à l'encontre du groupe Evolution, cheville ouvrière de l'écosystème Darwin, et de l'association Nature et potager en ville. L'avocat de la SAS Bastide Niel, maître Bernard Lasserre, qui se réjouissait à l'avance de pouvoir plaider pour une assignation déposée le 15 août dernier et qui a connu de multiples renvois, n'a pourtant pas fait de difficulté quand le juge a observé que des demandes de médiation avaient été faites par les deux parties.
Me Bernard Lasserre a rappelé que le programme de la ZAC Bastide Niel prévoit la construction de 3.400 logements "relevant d'un système écologique, puisqu'il s'agit d'un écoquartier", mais aussi de deux écoles. Un quartier où, selon Me Lasserre, "l'habitat social va représenter 55 % des 3.400 logements et lorsque l'on connaît les difficultés qu'éprouvent les étudiants à se loger à Bordeaux, il est facile de comprendre que ce nouveau quartier est une nécessité" a déroulé en substance le défenseur de la SAS Bastide Niel. Qui a tout de même souligné que la SAS Bastide Niel ne demande que "la libération des parcelles à l'air libre", ce qui exclurait a-priori de la procédure les deux hangars du skate-park et du dépôt d'Emmaüs.
Bien que l'affaire n'ait pas été plaidée, le conseil du groupe Evolution, Me William Bourdon, qui était spécialement venu de Paris pour cette affaire, s'est de son côté félicité de l'annonce de Me Bernard Lasserre, observant qu'il avait réduit la voilure de ses revendications territoriales. Bernard Taillebot, le magistrat en charge de l'audience, qui est aussi le premier vice-président du tribunal de grande instance de Bordeaux, a soudain relevé que les deux parties étaient d'accord pour entamer une procédure de médiation judiciaire.
Après avoir rappelé que cette procédure implique "de rechercher une solution hors de l'instance judiciaire" le magistrat a sondé les avocats pour savoir s'il y avait ou non un obstacle à la mise en place de cette procédure. Finalement les deux parties sont tombées d'accord pour dire que rien ne s'y opposait. "Si tout le monde est d'accord sur la médiation, le débat s'arrête" a tranché le magistrat. Malgré les effets apaisants de la décision prise par le juge et des interventions des avocats, la tension est remontée de quelques crans à l'extérieur de la salle d'audience.
Pascal Gerasimo à sa sortie de l'audience d'hier lundi (photo Jean-Philippe Déjean)
A quelques mètres de là, l'avocat William Bourdon débriefe l'audience. Estimant que BMA a tout d'abord essayé de passer en force sur le dossier des deux hangars (skate-park, dépôt Emmaüs), il relève que l'aménageur a ensuite demandé une médiation. "Nous sommes satisfaits de cette médiation... La sagesse et la raison l'ont emporté aujourd'hui. Cela ne réduit en rien l'ampleur de la menace. Les travaux sur l'allée cavalière seraient une source d'asphyxie pour Darwin" a éclairé en substance l'avocat, avant d'avertir qu'il ne fallait pas laisser passer "cette narration faite par BMA : forcer l'entrée de Darwin serait un casus belli" a averti Me William Bourdon.
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Philippe Barre, qui était accompagné d'un groupe de supporteurs de l'écosystème Darwin, a lui aussi pris la parole.
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Le magistrat, comme il l'a souligné lui-même, va devoir trouver un médiateur à la hauteur du dossier, qui normalement sera connu le 29 octobre. La procédure de médiation judiciaire devrait mettre trois mois pour arriver à terme. Hier en conseil municipal le maire de Bordeaux, Alain Juppé, s'est élevé contre la stratégie des Darwiniens, qu'il a accusé de refuser toute forme de négociation. A Paris une pétition en faveur de l'écosystème Darwin signée par une centaine de personnalités a été publiée dans les colonnes du quotidien Le Monde. Tandis qu'à Bordeaux la tentation de faire, malgré tous ses apports positifs, de l'écosystème Darwin le produit de l'activisme d'un groupe de jeunes gens gâtés, n'a pas disparu.
Jean-Philippe Déjean
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