Grâce à H2Bordeaux, le port pourrait bénéficier de 3.000 tonnes d'hydrogène déjà disponibles
Jean-Philippe Déjean
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Représentants de Nexeya, Storengy et du GPMB lors du lancement du projet H2Bordeaux.
GPMB
Jean-Philippe Déjean
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Représentants de Nexeya, Storengy et du GPMB lors du lancement du projet H2Bordeaux.
GPMB
L'idée est dans les tuyaux depuis des mois et Philippe Dorthe, président du directoire du Grand port maritime de Bordeaux (GPMB), s'est rarement privé de rappeler qu'il existait dans le domaine portuaire un gisement potentiel représentant 3.000 tonnes d'hydrogène. De l'hydrogène qui existe déjà et qu'il n'est pas besoin de fabriquer. Parce que cet hydrogène est un déchet. Celui de l'activité industrielle du groupe Nouryon (ex-Akzo Nobel), à Ambès (Gironde/Bordeaux Métropole), qui génère ce carburant par le biais de sa production de chlorate de sodium.
Ce produit chimique dangereux est obtenu par électrolyse d'une masse de saumure, elle-même élaborée à partir du sel importé via le port de Bordeaux. Le chlorate de sodium peut être notamment décomposé en soude caustique et utilisé dans le blanchiment de la pâte à papier, comme c'est le cas pour la production de Nouryon à Bordeaux. Comme on le comprend, l'enjeu est en l'occurrence de récupérer un déchet qui est aussi un carburant, pour le recycler au bénéfice des installations portuaires, qui ont besoin d'énergie. Carburant dont la dégradation ultime se traduira par la production d'eau... bouclant ce cycle industriel de la façon la plus vertueuse.
Pour ce projet, Storengy, filiale de GDF Suez, s'est associé au Grand port maritime de Bordeaux, dont Jean-Frédéric Laurent est le directeur général et président du directoire, et à Nexeya, à Toulouse, filiale du groupe allemand en électronique militaire et Défense Hensoldt (lui-même contrôlé par le plus grand fonds d'investissement au monde, l'Américain KKR).
À lire également
Objectif : disposer des compétences pour développer H2Bordeaux et trouver un moyen de le faire financer, au moins en partie, par la Commission européenne. Après la signature d'un protocole d'accord en janvier dernier, les porteurs du projet H2Bordeaux viennent ainsi de remporter un appel à projet pour cofinancer les premières études de déploiement de l'hydrogène en milieu portuaire dans le cadre du programme européen CEF (Connecting europe facility).
Jean-Philippe Déjean