Garantir une réduction de -70 % de l'empreinte carbone des pages web : c'est la promesse de Neptune Green Tech, une version sobre et éco-conçue de Wordpress dévoilée ce mardi par Kairos Agency. L'agence bordelaise lance un appel aux développeurs du monde entier pour améliorer encore cet outil proposé en open source qui a déjà nécessité deux ans de travail.Alors que la question de la sobriété numérique prend de l'ampleur dans le débat public et politique, avec notamment une proposition de loi sur le sujet adoptée à l'unanimité au Sénat en janvier, l'agence de design et d'innovation, Kairos Agency, apporte sa brique à l'édifice ce mardi 9 février. Proposé en open-source, à l'instar de la version de base de Wordpress, le thème Neptune Green Tech se concentre sur l'éco-conception et la légèreté tant de ses pages que de son fonctionnement. Et après deux ans de développement plus ou moins intensif, soit environ 100.000 euros de budget, les premiers résultats sont déjà probants, assure Shirley Jagle, la directrice de Kairos Agency, interrogée par La Tribune :
"La version Neptune Green Tech garantit une réduction d'au moins 70 % des émissions de CO2 en moyenne par rapport à la configuration standard de Wordpress et c'est parfois encore davantage. Neptune a une empreinte carbone de 0,48g de CO2 qui est inférieure à environ 90 % des sites web. Mais on peut faire encore beaucoup mieux et c'est pour cela que nous lançons ce projet en open source, pour que la communauté puisse l'améliorer !"
Et l'impact de Neptune peut-être potentiellement important puisque l'usage de Wordpress est particulièrement répandu, selon Kairos : 40 % des sites web utilisent Wordpress et jusqu'à 64 % pour les sites ayant recours à un système de gestion de contenu (content management system, CMS).
Optimisation et référencement
Concrètement, la version Neptune de Wordpress est préconfigurée pour être allégée des fonctionnalités non vitales et équipée d'un modèle également allégé tout en préservant des options variées de personnalisation. "Le problème le plus courant en matière d'empreinte carbone du numérique c'est le poids des photos et vidéos et celui des archives. Cela pose aussi des questions basiques sur ce qu'on veut afficher sur son site : faut-il intégrer un flux Instagram qui est particulièrement consommateur ? Faut-il lancer les vidéos automatiquement ?", souligne Shirley Jagle, avant de rappeler cependant que "les deux tiers de la pollution numérique sont liés à l'aspect matériel et notamment à son renouvellement avec les enjeux de l'obsolescence programmée."